Archives mensuelles : septembre 2009

Rêves d’embouteillages

C’est vraiment chouette, la Caroline du Nord.

J’aime bien la forêt, le silence et les écureuils.

Le soir je peux regarder les étoiles, j’ai de la place et  tous les jours je vois de vrais arbres qui ne sont même pas en cage.

J’avoue, je me suis vite habituée au confort de l’Amérique – ses canapés ultra-moelleux, ses fontaines à eaux, ses toilettes propres et de ses salles de gym climatisées suréquipées. Ca m’endort et ça me calme ; ça m’anesthésie à feu doux.

Ca aurait pu continuer comme ça jusqu’à la fin des temps, si ce matin je ne m’étais pas réveillée avec une furieuse envie de voyage, de pots d’échappement, de bruit, de métro, d’odeurs de pisse, de hasards urbains et de hot-dogs nocturnes.

J’ai envie de ville, et Clément, mon meilleur ami, qui est en échange avec la Columbia University à New York, me manque.

(Ville+Clément+Fall Break+des sous ; processing information)

Voilà, c’est fait, je viens d’acheter un aller-retour pour New York City. 5 jours en octobre. Yeah !

Publicités

Composition

Premier devoir à rendre en cours de photojournalisme – prendre une photo avec une belle composition et des êtres humains dedans.

Il y a une piste cyclable qui longe la vieille ligne de chemin de fer, à côté de la maison, et souvent les gens s’arrêtent là pour discuter, fumer une clope, pique-niquer.

20090924_VictoireTuaillon_comp001

J’y croyais pas mais c’est vrai : quand on reste suffisamment longtemps quelque part, une heure ou deux, les gens que l’on veut photographier vous oublient.

Ca marche encore mieux en prenant un accent français horrible et en faisant mine de rien comprendre.

The Monti

Ça y est, aujourd’hui, j’ai publié mon premier article en anglais!

Vous trouverez la page en pièce jointe, et pour la version online, c’est ici.

Vendredi soir, le Daily Tar Heel m’a donné mon premier sujet : écrire sur le spectacle donné samedi soir par The Monti au Carrboro ArtsCenter. Principe de l’association The Monti : inviter des écrivains, journalistes ou musiciens de Caroline du Nord à monter sur scène pour raconter, sans notes, une histoire vraie, qui leur est arrivé personnellement, autour d’un thème défini, et dans un temps limité.

Ça s’appelle du storytelling, et c’est étonnamment populaire aux États-Unis.

Lire la suite

Storytelling

Les gens adorent écouter des histoires vraies. Il existe des recueils de storytelling, des émissions de télé et de radio de storytelling, certaines très écoutées, comme « American life », ou « The Story ».

Des histoires de quoi? De tout. Des histoires de famille, des histoires de bureau, des histoires d’amour, des histoires de déménagement, de chômage ou de voyages… Des inconnus racontent leurs vies, et ça passionne tout le monde.

Je peux pas imaginer une chose pareille en France. J’ai l’impression qu’on trouverait ça insupportablement égocentrique, superficiel ou anecdotique.

Vous imaginez allumer France Inter à 13h, et écouter quelqu’un raconter comment il a rencontré la femme de sa vie, ou à quel point les pancakes aux myrtilles que faisait sa maman le matin étaient délicieux? Ben voilà, c’est le genre de trucs qu’on peut entendre ici en écoutant NPR news (National Public Radio). J’adore.

De même, je peux pas imaginer qu’une radio comme France Culture existe ici. Pas parce qu’il n’y a pas de culture américaine, loin de là, mais parce que j’ai l’impression qu’étaler son savoir livresque à grand renfort de jargon universitaire et de mots précieux sur une radio publique serait ici jugé incroyablement méprisant, vain et prétentieux.

The Daily Tar Heel

J’ai été acceptée dans l’équipe du Daily Tar Heel, le quotidien du campus. Je suis donc maintenant pigiste pour le City Desk, c’est à dire la rubrique « ville », qui traite de tout ce qu’il se passe dans le Orange county (canton), auquel Chapel Hill, la ville du campus, et Carrboro, la ville où j’habite, appartiennent. Je suis très contente, écrire pour le City Desk va me donner l’occasion de voir ce qu’il se passe hors du campus.

Le Daily Tar Heel fonctionne donc exactement comme un quotidien normal. Le journal est gratuit, ne reçoit aucune aide financière de l’université, et est uniquement financé par ses revenus publicitaires. Tous les jours, 18 000 exemplaires du Daily Tar Heel sont distribués à Durham, Chapel Hill et Carrboro. Les bureaux occupent tout un bâtiment, il y a un pôle marketing, un pôle photographie, un pôle de maquette et mise en forme, un rédacteur en chef, des secrétaires, etc… Le staff est entièrement composé d’étudiants, environ 200, dont 75 reçoivent un salaire.

Bunny Tar Heel

Stephanie Christine pose pour Playboy

En premiere page du DTH aujourd’hui, Stephanie Christine,etudiante en droit, est la 17e etudiante de UNC a poser pour Playboy (numero de mars prochain)

Au paradis des hamsters extatiques

Je vais courir tous les jours sur les tapis roulants à la gym, comme un hamster en cage, en regardant CNN, une bouteille d’eau vitaminée rose fluo à portée de main, le casque de mon i-pod vissé sur la tête. Et j’aime.

Je vais faire mes courses à 3h du matin, puisqu’ils ont remplacé les vendeurs par des machines. Leurs supermarchés sont des paradis sucrés, ouverts jour et nuit, toute l’année, air climatisé, musique douceâtre, lumières tamisées, kilomètres de barres chocolatées.

Je souris à longueur de journée, à m’en décrocher la mâchoire. Parfois j’ai des courbatures dans les joues. Et comme tout le monde, je dis : « oh my god, that was sooo much fun ».

Je suis vaguement l’actualité française grâce aux chroniques de Didier Porte sur France Inter.

Je rigole, jaune.

Hortefeux, le fils Sarko, Besson, le casting de l’usine, les discours du nain.

C’est l’horreur. Je comprends pourquoi les potes que j’attrape sur les chats gmail/Facebook sont complètement déprimés.

Bon courage, les amis…