Les détails sont là

Les suburbs sont un cauchemar de routes et de maisons trop propres.
On devine l’accumulation de choses à l’intérieur, les meubles de designer, la cuisinière Agra nickel, la télé écran plat, l’épaisseur des tapis crème, des triples rideaux, des doubles vitrages. Les signes des hobbies des propriétaires – football, cuisine, macramé, art, c’est pareil. Le tout est protégé par des systèmes de sécurité hi-tech, des alarmes voire des caméras de surveillance. Et puis les verrous, les serrures, les grilles en fer forgé, les portes blindées et les barrières en piquet blancs… et les montagnes d’anti-dépresseurs qui doivent y être gobés tous les jours.

Tout cela sur des kilomètres et des kilomètres, à l’identique de la côte Est à la côte Ouest. Objectif : American Dream. Une maison individuelle, un papa une maman des enfants un chien ET les voitures. Blanc, tout ce petit monde ; merci.

On y étouffe. Ces suburbs puent l’ennui et l’abondance.

Et les kids en crèvent d’ennui. Ils ne peuvent sortir des suburbs sans leurs parents – c’est à dire sans voiture. On ne peut pas sortir des surburbs, impossible de marcher ou de prendre son vélo. Où iraient-ils de toute façon? Il y a le choix entre l’église ou le mall (centre commercial.) Il paraît que les kids prennent beaucoup de drogues, dans les suburbs ; c’est pas l’argent qui manque, apparemment.

Et puis ils font comme Marrin, 18 ans, la petite soeur de ma coloc Corban: ils restent à la maison, devant leur ordinateur, sur facebook ou ils matent MTV, et ils s’emmerdent. Enervée de la voir taper frénétiquement des sms sur son portable toute la journée, j’ai demandé à Marrin : « Mais pourquoi tu vas pas les voir en vrai, tes copines, au lieu de leur envoyer des messages?! ». Et puis j’ai compris.

Je passe sur le gaspillage énergétique qu’un tel développement urbain implique, les heures de conduite tous les jours – absurde, absurde…

Au bout d’une demi-journée j’en pouvais plus. Je me sens souvent chez moi très vite. Ce Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip retentissant dans toute la maison à chaque fois que j’avais le malheur d’aller faire un tour dehors (pour m’en griller une, mais pas seulement) me rendait dingue.

Et moi, un endroit dont on ne peut partir à pied, ça me fait trop flipper.
Voilà pour la tranche de cauchemar américain.

Publicités

4 réponses à “Les détails sont là

  1. Excellent ton commentaire, Victoire. Bien vu, bien senti, bien dit.

  2. c’est affreux cette vie :-( – lire cette description m’a donné envie de m’enfiler directement un tube de Lexomil et une demie bouteille de Vodka…

    La névrose consumériste à l’état pur…

    Un vrai cauchemar!!!!!!

    Je comprends que tu aies eu du mal à pouvoir rester maintenant que je lis cela!!!

  3. en fait ça me rappelle aussi « american beauty »

    ;)

  4. Très bon pancake.

    Tu te souviens du film de Sam Mendes au titre ultra ironique, « Revolutionary Road » ? Ou comment les suburbs US ont été pensé pour anéantir tout idéal ou projet révolutionnaire…

    Sur les maisons bien peintes avec « white wooden fences », regarde ça, c’est juste dément:
    document de propagande US dans les années 50, « The house in the middle »: http://www.youtube.com/watch?v=-t_5wthG0Wc

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s