Archives mensuelles : décembre 2009

Damages

Un cabinet d’avocats à New York, des intrigues embrouillées, un suspens insoutenable.

C’est la dernière drogue d’HBO : la série Damages. Ils sont vraiment trop forts ces scénaristes d’Hollywood.

On a passé la nuit à regarder la saison 2 avec Clément, et on regrette pas nos yeux explosés.

Current condition in New York, NY : 17°

On voulait se promener dans Greenwich village mais en fait non.

Dehors il fait -9°, je suis au lit avec Angela Davis — son autobiographie et des gavottes aux chocolat (merci Maman).

Dumbo

Minuit et demi ici, une partie de notre machine a mystérieusement disparu du lavomatic.

Trou dans le tambour? Mini-lutins voleurs de strings? Maintenant on a l’air con sans chaussettes et sans draps.

A la Neue Gallerie ce matin, restés la bouche ouverte devant les dessins de Kubin – début du 20ème siècle mais plein de monstres contemporains. Du difforme, du fantastique, comme ça :

et on s’en est aussi mis plein les yeux, des tableaux de Klimt et les esquisses de Schiele et tous leurs copains autrichiens torturés.

Traversée de Brooklyn Bridge en allant sur Manhattan, le vent glacé lessivait nos cervelles barbouillées de chocolats

Miss you

Aujourd’hui, Rachel et moi sommes restées enfermées dans la SIPA (l’école de relations internationales de Columbia), complètement déserte en ce dimanche post-Noël ensoleillé.

C’était volontaire, hein.

Rachel a ainsi pu disserter sur la démocratie à Athènes au 5ème siècle pendant que j’essayais de remplir mon dossier pour l’admission à l’école de journalisme : « Racontez une expérience extra-universitaire que vous vivez actuellement », « Quelles qualités pensez-vous avoir pour devenir un bon journaliste? », sans compter le terrifiant « Parlez-nous de vous. » et le ridicule « Racontez-nous, le plus concrètement possible, l’évènement déclencheur de votre vocation journalistique »

Dix cigarettes et trois heures plus tard, mon disque dur est défragmenté et j’ai presque répondu à tous mes mails et actualisé ma liste de livres à lire (167 tirets). Ce putain de dossier m’emmerde profondément et en fait, je me demande si je devrais pas plutôt ouvrir une maison d’édition de nouvelles érotiques women-friendly, entre un élevage de moutons en Argentine et une fabrique des cerf-volants (pour ne pas perdre de vue le bleu)

On a visité LE magasin de surf de Williamsburg, peint de toutes les couleurs, perdu au milieu des usines désaffectées. Et puis écouté de la musique bizarre – deux mecs qui faisaient mumuse avec des samples sur leur mac après un autre qui jouait de l’orgue — dans un bar (Zébulon, btw: NO ID REQUIRED)

love et joyeux noël

NYC Jour 6

A New York City il pleut. Ca veut dire qu’il fait moins froid.

En six mots : un musée, un bar, la pluie, un sex-shop, métro, cupcakes.

Urs Fischer au New Museum.

des masses d’aluminium sur le sol en béton ou des nuages en cire fondue.
Escalier
Concombre et carottes pourries sur le pas de porte
Une langue sort d’un mur en carton. Un papillon sur un croissant rassis suspendu au plafond. Il est interdit d’écrire dans le musée, mademoiselle.
Ascenseur
Des photos de céréales d’escarpins de jouets en plastique une poire moisie magnifiées collées sur des cubes miroirs. Nos visages se fondent dans un gruyère géant, des vieilles baskets, king kong en plastique en haut de l’empire state building.

Le vent renverse les parapluies, je ressemble à un chien mouillé dans ma veste en faux poils, mascara fondu sous les paupières et baskets dorées. Bonne journée

Meatpacking district

Comme les parents ne sont pas là, on fera Noël au moins jusqu’à la mi-janvier.

Aujourd’hui, entre les cadeaux (entre autres : Rachel a eu un homme en plastique qui double de volume dans l’eau (« grow a boyfriend »), Clément des fringues, Timothée trois kilos de bonbons et un slip Superman, moi de l’huile prodigieuse de Nuxe) et la demi-bouteille de champagne, on s’est baladé à la tombée de la nuit ans le Meatpacking District.

New York-Berlin pas si loin. Du fer de la brique du verre des affiches à moitié arrachées, jungle urbaine au stade de gentrification avancé.

Le pont de l’High Line Park se jette entre les immeubles de hauteurs inégales.

Charlie Chaplin en noir et blanc est collé contre un mur en brique, entre des affiches pour le concert passé d’un groupe d’avant-garde et le fard à paupières bleues de Marilyn Monroe. On a jeté nos mégots devant les hôtels contemporains ultra-chics, tours de métal et de verre, aux rooftops spectaculaires. High Line Park avec ses bancs en bois coulés dans le trottoir, ses plantes à moitié sauvages, ses barrières au-dessus de l’Hudson River.

Des lumières multicolores allument les galeries en fer forgé qui enjambent la rue.

Plus loin, au bord de l’eau, un immense building entre le cube et la pyramide, qu’on dirait fait de plastique blanc, tout transparent. Les immeubles les trottoirs et les routes s’enchevêtrent dans une apparente anarchie, finalement assez travaillée.

On s’endort la bouche pleine des chocolats Leonidas envoyés par ma grand-mère (merci Mamoune), du bon vin rouge de Chinon et du risotto aux cèpes cuisiné par Clément.

Des hommes bleus plein les yeux

A 1h20 du matin tout à l’heure, Clément, Rachel, Timothée et moi on faisait la queue dans un cinéma de Broadway pour aller voir Avatar, le dernier film de James Cameron, en 3D ET en I-max.

On en a pris plein la vue

La 3D est d’une précision extraordinaire. James Cameron et son équipe ont créé un bestiaire fabuleux — dragons, insectes, lianes fluorescentes, arbres géants, paysages fantastiques à couper le souffle (grandement inspirés du jeu World of Warcraft selon Timothée)

La technique et la créativité déployée suffisent à faire oublier l’histoire et les dialogues simplistes. En résumé : En 2154, les humains tentent de coloniser la planète Pandora, peuplés de Na’vi, des humanoïdes géants bleus-amis-de-la-forêt. Les humains détruisent la planète Pandora pour s’approprier les fantastiques réserves de *****, qui vaut des milliards de dollars.Mais la planète est sauvé in extremis par un autre humain, qui prend le parti des gentils Na’vi.

Bref, le dernier James Cameron, qu’il a mis 12 ans à réaliser, vaut vraiment le déplacement.

Bon, c’est vrai, plus américain que ce film, c’est pas possible.

Premièrement, de part la taille du projet, les moyens mobilisés (c’est le film le plus cher de toute l’histoire du cinéma) et l’orgie d’effets spéciaux.

Mais aussi dans le schéma narratif: conflit-combat-happy end-les gentils triomphent.

Et enfin, dans les angoisses et les mythes typiquement américains que le film utilise, à la fois anciens: Pocahontas, la culpabilité d’avoir massacré les Indiens, et contemporains: l’angoisse du réchauffement climatique et la guerre en Irak…

Mais bon, allez le voir, c’est absolument fantastique.

A part ça, le poulet aux pruneaux de Noël embaume tout l’appartement. Premier Noël sans les parents.

We all wish you a Merry Christmas.