Archives mensuelles : décembre 2009

Damages

Un cabinet d’avocats à New York, des intrigues embrouillées, un suspens insoutenable.

C’est la dernière drogue d’HBO : la série Damages. Ils sont vraiment trop forts ces scénaristes d’Hollywood.

On a passé la nuit à regarder la saison 2 avec Clément, et on regrette pas nos yeux explosés.

Current condition in New York, NY : 17°

On voulait se promener dans Greenwich village mais en fait non.

Dehors il fait -9°, je suis au lit avec Angela Davis — son autobiographie et des gavottes aux chocolat (merci Maman).

Dumbo

Minuit et demi ici, une partie de notre machine a mystérieusement disparu du lavomatic.

Trou dans le tambour? Mini-lutins voleurs de strings? Maintenant on a l’air con sans chaussettes et sans draps.

A la Neue Gallerie ce matin, restés la bouche ouverte devant les dessins de Kubin – début du 20ème siècle mais plein de monstres contemporains. Du difforme, du fantastique, comme ça :

et on s’en est aussi mis plein les yeux, des tableaux de Klimt et les esquisses de Schiele et tous leurs copains autrichiens torturés.

Traversée de Brooklyn Bridge en allant sur Manhattan, le vent glacé lessivait nos cervelles barbouillées de chocolats

Miss you

Aujourd’hui, Rachel et moi sommes restées enfermées dans la SIPA (l’école de relations internationales de Columbia), complètement déserte en ce dimanche post-Noël ensoleillé.

C’était volontaire, hein.

Rachel a ainsi pu disserter sur la démocratie à Athènes au 5ème siècle pendant que j’essayais de remplir mon dossier pour l’admission à l’école de journalisme : « Racontez une expérience extra-universitaire que vous vivez actuellement », « Quelles qualités pensez-vous avoir pour devenir un bon journaliste? », sans compter le terrifiant « Parlez-nous de vous. » et le ridicule « Racontez-nous, le plus concrètement possible, l’évènement déclencheur de votre vocation journalistique »

Dix cigarettes et trois heures plus tard, mon disque dur est défragmenté et j’ai presque répondu à tous mes mails et actualisé ma liste de livres à lire (167 tirets). Ce putain de dossier m’emmerde profondément et en fait, je me demande si je devrais pas plutôt ouvrir une maison d’édition de nouvelles érotiques women-friendly, entre un élevage de moutons en Argentine et une fabrique des cerf-volants (pour ne pas perdre de vue le bleu)

On a visité LE magasin de surf de Williamsburg, peint de toutes les couleurs, perdu au milieu des usines désaffectées. Et puis écouté de la musique bizarre – deux mecs qui faisaient mumuse avec des samples sur leur mac après un autre qui jouait de l’orgue — dans un bar (Zébulon, btw: NO ID REQUIRED)

love et joyeux noël

NYC Jour 6

A New York City il pleut. Ca veut dire qu’il fait moins froid.

En six mots : un musée, un bar, la pluie, un sex-shop, métro, cupcakes.

Urs Fischer au New Museum.

des masses d’aluminium sur le sol en béton ou des nuages en cire fondue.
Escalier
Concombre et carottes pourries sur le pas de porte
Une langue sort d’un mur en carton. Un papillon sur un croissant rassis suspendu au plafond. Il est interdit d’écrire dans le musée, mademoiselle.
Ascenseur
Des photos de céréales d’escarpins de jouets en plastique une poire moisie magnifiées collées sur des cubes miroirs. Nos visages se fondent dans un gruyère géant, des vieilles baskets, king kong en plastique en haut de l’empire state building.

Le vent renverse les parapluies, je ressemble à un chien mouillé dans ma veste en faux poils, mascara fondu sous les paupières et baskets dorées. Bonne journée

Meatpacking district

Comme les parents ne sont pas là, on fera Noël au moins jusqu’à la mi-janvier.

Aujourd’hui, entre les cadeaux (entre autres : Rachel a eu un homme en plastique qui double de volume dans l’eau (« grow a boyfriend »), Clément des fringues, Timothée trois kilos de bonbons et un slip Superman, moi de l’huile prodigieuse de Nuxe) et la demi-bouteille de champagne, on s’est baladé à la tombée de la nuit ans le Meatpacking District.

New York-Berlin pas si loin. Du fer de la brique du verre des affiches à moitié arrachées, jungle urbaine au stade de gentrification avancé.

Le pont de l’High Line Park se jette entre les immeubles de hauteurs inégales.

Charlie Chaplin en noir et blanc est collé contre un mur en brique, entre des affiches pour le concert passé d’un groupe d’avant-garde et le fard à paupières bleues de Marilyn Monroe. On a jeté nos mégots devant les hôtels contemporains ultra-chics, tours de métal et de verre, aux rooftops spectaculaires. High Line Park avec ses bancs en bois coulés dans le trottoir, ses plantes à moitié sauvages, ses barrières au-dessus de l’Hudson River.

Des lumières multicolores allument les galeries en fer forgé qui enjambent la rue.

Plus loin, au bord de l’eau, un immense building entre le cube et la pyramide, qu’on dirait fait de plastique blanc, tout transparent. Les immeubles les trottoirs et les routes s’enchevêtrent dans une apparente anarchie, finalement assez travaillée.

On s’endort la bouche pleine des chocolats Leonidas envoyés par ma grand-mère (merci Mamoune), du bon vin rouge de Chinon et du risotto aux cèpes cuisiné par Clément.

Des hommes bleus plein les yeux

A 1h20 du matin tout à l’heure, Clément, Rachel, Timothée et moi on faisait la queue dans un cinéma de Broadway pour aller voir Avatar, le dernier film de James Cameron, en 3D ET en I-max.

On en a pris plein la vue

La 3D est d’une précision extraordinaire. James Cameron et son équipe ont créé un bestiaire fabuleux — dragons, insectes, lianes fluorescentes, arbres géants, paysages fantastiques à couper le souffle (grandement inspirés du jeu World of Warcraft selon Timothée)

La technique et la créativité déployée suffisent à faire oublier l’histoire et les dialogues simplistes. En résumé : En 2154, les humains tentent de coloniser la planète Pandora, peuplés de Na’vi, des humanoïdes géants bleus-amis-de-la-forêt. Les humains détruisent la planète Pandora pour s’approprier les fantastiques réserves de *****, qui vaut des milliards de dollars.Mais la planète est sauvé in extremis par un autre humain, qui prend le parti des gentils Na’vi.

Bref, le dernier James Cameron, qu’il a mis 12 ans à réaliser, vaut vraiment le déplacement.

Bon, c’est vrai, plus américain que ce film, c’est pas possible.

Premièrement, de part la taille du projet, les moyens mobilisés (c’est le film le plus cher de toute l’histoire du cinéma) et l’orgie d’effets spéciaux.

Mais aussi dans le schéma narratif: conflit-combat-happy end-les gentils triomphent.

Et enfin, dans les angoisses et les mythes typiquement américains que le film utilise, à la fois anciens: Pocahontas, la culpabilité d’avoir massacré les Indiens, et contemporains: l’angoisse du réchauffement climatique et la guerre en Irak…

Mais bon, allez le voir, c’est absolument fantastique.

A part ça, le poulet aux pruneaux de Noël embaume tout l’appartement. Premier Noël sans les parents.

We all wish you a Merry Christmas.

Des cercles et des cubes et des lignes

Expo Kandinsky au Guggenheim Museum.

Comme toutes les choses belles, ça nous a reposé les yeux

Un, deux, trois hot-dogs. Galopé dans la neige

Dis bonjour aux écureuils

Le crépuscule sur les grattes-ciels qui brûle

La statue de la liberté toute petite au milieu de l’Hudson River

Les pensées glacées par le vent sur le ferry pour Staten Island

Traversée de Central Park apocalyptique

Soirée crêpes

A 1h20 du matin, on va tous voir Avatar en 3-D dans un I-Max géant — royaume du divertissement

Photojournalisme suite et fin

Reçu ma note finale en cours de photo: B-, et un A- pour le projet de fin de semestre.

En vrac :

– Miles from Maybe, le site de mon prof, Chad A. Stevens — regardez la section « Essays and stories », ses reportages sont impressionnants:

http://www.milesfrommaybe.com/?page_id=73

– une des plus belles photos qui aient été prises dans le cadre du cours, elle est de Jessica Crabill :

Vrac 2 : je serai à New York jusqu’au 9 janvier. Présentement chez Clément, avec ma meilleure amie Rachel et mon petit frère Timothée, qui sont venus passer leurs vacances ici — première fois aux Etats-Unis.

New York City day 1

– splotch

Evite les flaques de neige fondue qui se déguisent en goudron

La grande bibliothèque municipale

Un chocolat chaud au marshmallow

Le soleil sur l’or du Bryant Park Hotel

Le plafond turquoise de la gare centrale

Des montagnes de framboise et de morceaux d’ananas

Sapin de Noël du Rockfeller center

18 miles de livres à la librairie Strand, Broadway and 12th Street

Ravis.

(Un poireau se dit a leek)

Photojournalisme – suite

Un autre photoreportage de fin de semestre que j’ai beaucoup aimé, celui de Ryan Greene.

Jess Kaplan, 22, greets Moka, one of 13 tigers at Carolina Tiger Rescue in Pittsboro, N.C. Kaplan and two other keepers handle most of the care for the tigers and other wild cats, most of which were abandoned or were rescued from private organizations that went out of business.

Kaplan prepares buckets of deer meat, beef ribs and whole chickens to feed the animals. Surviving on donations, the non-profit Carolina Tiger Rescue’s facilities, like this outdoor freezer and prep shed, are far from glamorous.

Kaplan and another keeper, Lenore Braford, butcher a deer that will eventually feed several tigers. During deer season, hunters donate extra kills, and each tiger will get legs or a torso. « It’s a nice change from chicken, » Kaplan says. « It’s a real treat for them. »

Rajah enjoys the fruits of Kaplan’s labor as he eats his deer torso. He has been at it for hours, biting off bits of meat or licking off whole strips of the pelt with his tongue. « You ever feel a house cat’s tongue, how coarse it is, » Kaplan asks. « Imagine that, but a hundred times coarser. »

Having made her rounds, Kaplan prepares to head back to the office. After she checked in on several of the facility’s different wild cats, which include cervals, ocelots and binturongs, Rajah was Kaplan’s last stop.

Un pancake carbonisé

Salut! Pas de pancake matinal aujourd’hui, problème de connection, complications technologiques.

Je suis arrivée hier soir à New York, en pleine tempête de neige. Trente centimètres étaient tombés ce matin.

Photo: Damon Winter pour le New York Times

Heureusement, grâce à mes nouveaux poils synthétiques, je n’ai pas froid. (Adrian, ma coloc, m’a prêté une veste en fourrure noire)

Panique chez les bisounours

Au supermarché de Carrboro tout à l’heure, plus de lampes de poche, de batteries, ni de boîtes de conserve.

Les écoles ont renvoyé les élèves chez eux plus tôt que prévu.

A la radio locale, la nouvelle tourne en boucle:

Panique à bord! Rentrez chez vous! APOCALYPSE SNOW!

En vrai, il y a 1cm de misérable neige fondue par terre.

Le genre de détail qui me rappelle que je suis dans le Sud… Ca a fait beaucoup rire ma coloc Alex, qui vient du Massachussets (un Etat bien plus au nord, où les blizzards et tempêtes de neige commencent en novembre et finissent en avril…).

Je voulais mettre une photo, mais je vais devoir m’en passer pendant un petit moment, on dirait.

Le bridge que je m’étais payé avec mon premier salaire vient de lâcher ce soir. J’ai appris que je ne pouvais pas garder l’appareil photo réflex que m’avait prêté l’université pour le semestre.

Or, je m’envole pour New York demain après-midi.

Ca m’enrage, NYC et pas d’appareil photo, c’est trop bête.

Et puis sinon, je suis malade, rien de grave mais agaçant, ma gorge gratte et ma tête brûle – bizarrement, ça m’arrive toujours au début des vacances.

have a nice day

Photojournalisme – Projet de fin de semestre

……

Chapel Hill, N.C., October-December 2009

Retour à Candyland

Ce matin c’était verglas, honte et frustration – j’arriverais jamais à rien, je suis trop paresseuse et de toute façon à quoi ça sert, est-ce que je peux aller passer ma vie dans un lit avec des romans, un chat et des gâteaux aux chocolat ?

Et boum, d’un coup, les nuages ont explosé les uns après les autres.

A midi j’avais enfin fini mon paper de littérature qui traînait depuis des semaines.

A une heure j’ai reçu ma note finale en espagnol et en newswriting (B, ce qui est loin de la catastrophe annoncée).

Mais le plus fou, l’incroyable, c’était la fin d’après-midi: Chad Stevens, le prof de photo, a dit que mon photoreportage de fin de semestre était bon et visuellement intéressant Chad Stevens, le photofreak, l’homme qui m’a fait pleurer au début de l’année parce que je savais pas utiliser un mac, celui qui comprend pas que tu ne passes pas ta vie, tes journées et tes nuits à prendre, regarder ou éditer des photos, celui qui te parle plus quand t’arrives plus de 5 min en retard. Sweeeet

Magie magie, j’ai survécu à ce premier semestre de cours, même que ça me donne faim pour le deuxième. Et en plus, il fait beau.

Love

Aveugle aux couleurs

Dans mon bouquin de « Newswriting », où l’on apprend à « communiquer efficacement des informations aux masses », le douzième chapitre est consacré aux techniques et mots appropriés pour parler des « minorités ».

Un manuel de politiquement correct, en somme.

Ca ne me dérange pas de me conformer au politiquement correct – oui, je trouve ça mieux de dire « un Africain-Américain » plutôt que « un nègre ». Les mots sont importants.

L’un des conseils donnés dans le bouquin, c’est d’aller tester son niveau de racisme/anti-sémitisme/masochisme/autres types de préjugés sur Internet. Une équipe de l’université d’Harvard a développé des tests intéressants, c’est là :

https://implicit.harvard.edu/implicit/demo/selectatest.html

Les tests sont aussi disponibles en français, ici :

https://implicit.harvard.edu/implicit/france/

Bibliothèque

2h20 du matin ici, je reviens juste de la Davis Flash Rave.

A minuit, tous les étudiants se rassemblent dans la plus grande bibliothèque du campus pour dix minutes de danse sauvage, histoire de se détendre avant les examens.

Techno à fond, tous écrasés les uns contre les autres, tout le monde saute partout, c’est rigolo.

La vidéo a été faite par le Daily Tar Heel pour la Davis rave du semestre dernier, mais c’était exactement pareil tout à l’heure.

des bisous

Des mots pour le dire – part 1

Ces jours-ci, je vagabonde dans le Robert & Collins en entendant tomber la pluie.

Je m’enivre de ces adjectifs curieux dont semble regorger la langue anglo-américaine.

Par exemple, cantankerous (irascible), qui claque plaisamment contre le palais.

Ou encore, dampness et dankness: deux noms différents pour décrire l’humidité, l’une chaude, l’autre froide – on dira qu’une jungle qu’elle est damp, qu’un donjon qu’il est dank.

Mais la pépite de la journée, la voici :

uxorious [{revv}k{sm}s{revc}{schwa}r{shti}{schwa}s] adjective : excessivement dévoué à sa femme

uxoriousness noun uncountable:  dévotion f excessive à sa femme

Quelle drôle de langue.

J’ai passé quelque temps à chercher son pendant féminin. Sans succès.

Apparemment l’idée qu’une femme puisse être « excessivement soumise à son mari » est inconcevable.

En tout cas, l’idée n’a pas semblé mériter de mot.

FORMAL NOTICE

WTF? me suis-je dit ce matin en ouvrant ma boîte mail – « FORMAL NOTICE » en lettres capitales, ça m’a fait peur.

En fait, non, rien. C’est juste le président de l’Université qui nous souhaite de bonnes vacances de Noël, et un super lien pour envoyer des cartes de Noël électroniques customisées « UNC ».

Merci, Chancellor

Ici : l’une des cartes électroniques proposées, photographie de the Bell Tower, la tour de l’horloge, au milieu du campus.

Les cloches sonnent tous les quart d’heure, et à l’heure pile, elles jouent l’hymne des Tar Heels.

La neige, c’est pour faire joli, parce qu’en vrai, il pleut.

Jones Ferry Road

Au bout de la rue, tout à l’heure.

Tout va bien.

Bêbête

En anglais, on ne dit pas « jouer à saute-mouton ».

On dit « to leapfrog » : jouer à saute-grenouille (…) Ha ha ha.

A part ça, ce soir je squatte chez Christian et son frère Matt, qui partagent une chambre dans un dorm sur le campus, juste à côté de là où je travaille. Oui, parce que j’ai commencé à travailler comme vendeuse au Student Stores, ça va, merci, demain matin je commence à 7h.

Notre âge mental est diminué par trois quand on est ensemble.

Ce post est rédigé avec leur aide.

Ce soir j’ai considérablement amélioré mes capacités linguistiques.

Grâce à eux maintenant je sais qu’ici les chiens disent « roof roof« , les chats « meow meow« , les coqs « cackledoodle doo »,  les moutons « baaa baaaaaa », les vaches « moooo moooo« , les chevaux « neigh neigh » (???) et mon préféré :  les grenouilles disent « ribbit ribbit ».

Merci les gars.

Les enthousiastes du houla-hoop

Les hoola-hoopers de Carrboro s’entraînent l’après-midi, juste derrière ma maison.

Ce n’est pas pour faire du fitness : c’est une activité à visée spirituelle.

Rien de telle qu’une petite heure de houla-hoop pour se connecter avec son moi profond, se concentrer et s’élever plus près du ciel, paraît-il.

J’aime cette ville

Des virgules en série

WHO GIVES A FUCK ABOUT AN OXFORD COMMA?, s’exclame le chanteur de Vampire Week-end, dans cette fabuleuse chanson, qui je l’espère, distraira les pipoteurs au milieu de leurs final papers:

And what the fuck is an Oxford Comma? C’est le doux nom de la virgule que l’on place avant le « and » dans une énumération. Comme ça :

« An apple, a squirrel, and a tree »

So, who gives a fuck about an Oxford Comma?

Ben, ma prof de littérature, par exemple. Si t’oublies tes oxford commas : t’es mort.

Moins trois points à chaque fois.

Par contre en cours de newswriting (écriture d’articles), les oxford commas sont IN-TER-DI-TES. Les journaux, qui suivent le Associated Press Style (code de rédaction très précis), ne les utilisent pas, parce que ça prend trop de place.

Donc avis aux pipoteurs suant sur leurs final papers, dans les lueurs de l’aube, poursuivis par les monstres deadlines qui s’approchent dangereusement- leurs dents sont des aiguilles, leurs yeux sont des horloges :  DON’T FORGET YOUR OXFORD COMMAS.

La crise des vampires en Louisiane

Opossums écrasés sur le bord de la route, Ku Klux Klan, exorcismes, gospels, clubs de strip-tease glauques, marécages, maisons coloniales, moiteur, émeutes raciales, baptême évangéliste.

Le générique de la série True Blood condense les clichés du Sud des Etats-Unis en 1minute30:

Ouais, ok, tout ce sang sent un peu le lait caillé, puisque la série True Blood est sortie l’année dernière, n’empêche qu’elle est drôlement addictive, et toutes ces histoires de vampires et de marécages me donnent envie d’un roadtrip en Louisiane. Merci Clément de m’avoir rendu accro.

A propos de vampires, cet extrait de Concordance des Temps, l’émission de Jean-Noël Jeanneney sur France Culture* me gratte la cervelle depuis quelques semaines :

« Claude Lecouteux: Chaque film de vampire reflète peu ou prou les grandes tendances de son époque, que ce soit au niveau mental, religieux ou économique. Quand vous avez des périodes de crise, vous avez des vampires. C’est une sorte d’exutoire […]

Jean-Noël Jeanneney : Oui, bien sûr, le Nosferatu de Murnau (1922) c’est au moment de la première dépression allemande, au moment où l’Europe sort d’une terrible épidémie de grippe espagnole. Après la crise de 1929, on trouve le Dracula de Braunig, puis ensuite on trouve des personnages qui représentent la peur de l’immigrant, c’est clair chez Dreyer, juste avant la montée d’Hitler, etc etc

CM : L’intérêt du vampire notamment au cinéma voire dans la littérature c’est qu’on peut projeter sur lui tous les fantasmes possibles. […] Le vampire c’est le banquier. Puisqu’on est en pleine crise, on peut le dire, le banquier est un suceur de sang.

JNJ : Tout à fait.* Marx notamment emploie l’expression de « suceurs de sang » pour parler des capitalistes. Si vous considérez notre présent immédiat, vous diriez que le vampire sert comme métaphore de telle ou telle oppression que nous imposent les banquiers?»

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Classy burger

Dans la série news inutiles mais réjouissantes, on pouvait lire dans le Orlando Sentinel (Floride) aujourd’hui :  » Un homme de vingt-cinq ans a été arrêté aujourd’hui pour avoir jeté un hamburger à la tête de sa femme alors qu’ils se disputaient.

Selon la police, alors que Daniel Boss et sa femme se disputaient, celle-ci aurait versé du soda sur le hamburger de son mari. Boss a riposté en étalant le hamburger sur le visage de son épouse.

Elle a immédiatement porté plainte au poste de police voisin. Boss a été arrêté trois heures plus tard. »

NB: Ceci n’est PAS l’arme du crime, c’est juste pour faire joli

Le lundi, c’est crucifix

Depuis que je suis arrivée je me dis qu’avant de repartir il FAUT que je me fasse un church-trip.

Je crois que je vais commencer avec la Faith Tabernacle Oasis of Love International Church, ils ont l’air marrant.

Rien qu’à Chapel Hill – 54 904 habitants- il existe plus de cinquante lieux de culte chrétiens, qui font de la pub dans le journal et organisent des special events plusieurs fois par semaines : « Venez Dimanche à la White Rock Holy Church ! Petit déjeuner GRATUIT! »

Promis, dès que j’aurais le temps et le courage d’écouter les luthériens, les épiscopaliens, les méthodistes, les adventistes, les catholiques anglicans, les wesleyans et autres annonciateurs suprêmes de la bonne nouvelle universelle et de la croix sanctifiée, je vous raconte.

En attendant, pour vous autres mécréants qui vous rendez quotidiennement coupable de fornication, de blasphème voire pire, de SODOMIE*, battez votre coulpe et repentez vous, Amen.

Gagnez des points pour le paradis en jouant à la Wii, grâce au nouveau jeu « Mass We Pray » :

* selon le classement du Pit’s Preacher qui harangue les étudiants sur la place centrale du campus tous les jours entre 12h et 18h (pancake à venir)

Slush

SLUSH – ça veut dire neige fondue, et c’est aussi le bruit que fait une tête qui retombe sur un oreiller.

J’ai comme envie d’hiberner.

Aucun rapport avec la 80’s Dance Party à laquelle je me suis rendue hier soir, qui était très chouette.

Des filles et les garçons multicolores, en robe à paillettes et épaulettes, leggins léopard, baskets montantes et jeans moule-bite. Ca sautait frénétiquement sur « Boys Don’t Cry » des Cure et d’autres joyeusetés synthétisés en buvant du Coca.

Les moins de 21 ans sont tamponnés en rouge vif sur les deux mains, comme ça le barman sait qu’il peut pas nous servir d’alcool.

Au bout d’une heure j’avais ma dose des « autres gens ». Les soirées c’est beaucoup moins marrant sans mes copains Christian et Dylan. Donc je me suis sauvée de Bisounours Land pour aller les rejoindre, et on a comaté jusqu’à deux heures du matin sur le canapé défoncé en alternant entre programmes débiles à la télé et vidéos youtube.

A la télé en Amérique, on peut voir des spots de pub pour des godemichés, des combats de catch mexicains, le clip de Party in the USA (ENCORE!), des matchs de baskets et des pornos norvégiens non sous-titrés. Expérience culturelle, je vous dis.

A part ça, il est six heures du soir, CERTES je suis toujours en pyjama, OUI les exams c’est la semaine prochaine, MAIS je vais bien, la preuve, ma chambre est rangée ET j’ai fait la vaisselle.

Ami-e-s procrastinateurs, si vous me lisez : YOU’RE NOT ALONE

A propos de procrastination*, merci Rachel de m’avoir envoyé cette fabuleuse vidéo:

American humor

The Onion TV fait des parodies de talk-shows télévisés à hurler de rire.

Celui-là est excellent, ça m’a tellement rappellé Sciences Po et ses experts à la noix qui n’y connaissent rien:

In The Know: Situation In Nigeria Seems Pretty Complex

Capillo-tracté

Le sourire de la journée.

Jeff Mermenstein prend en photo des gens qui tournicotent leurs cheveux ou qui courent dans la rue.

C’est tout con, mais elles sont vraiment chouettes, ces photos toutes ensembles.

Il vient de sortir un livre.

C’est là :

http://lens.blogs.nytimes.com/2009/12/03/showcase-87/

Et pour les mordus, le blog photo du New York Times, « Lens », est un émerveillement quotidien.

Best of police logs – part 1

C’est la fin du semestre. Il pleut et il fait froid, alors le matin j’ai la flemme d’aller à l’école en vélo. Plus les deadlines s’approchent et moins j’ai envie de sortir de mon lit. Bizarrement ce soir le vent souffle de l’air tiède, assez fort. On dirait un début d’apocalypse.

Heureusement, la première page du Daily Tar Heel est là pour nous régaler de ses « Police Logs ». Ce sont des brèves extraites des rapports de police reçus tous les jours par le journal. Je me jette dessus tous les matins, sûre d’y trouver au moins une anecdote grotesque ou drôle, entre les habituels vols de voiture et de sac à main.

Best of de ces trois derniers mois:

« A dog bit a raccoon who had put its head through a hole in a fence at 10:54 a.m. Thursday, according to Carrboro police reports. The dog’s owner said the pet had current rabies shot. »

(Jeudi à 10h54, un chien a mordu le raton-laveur qui avait passé la tête à travers le trou d’une barrière, selon le rapport de la police de Carrboro. Le propriétaire du chien a dit que celui-ci était à jour de ses vaccins contre la rage.)

« Two people were seen in the woods smoking something at 8.40 a.m. Tuesday at 206 Alta Court, according to Chapel Hill police reports. »

(Deux personnes ont été vues dans les bois en train de fumer quelque chose (!!!) à 8h40 du matin Mardi au 206, Alta Court, selon le rapport de la police de Chapel Hill)

« Somebody reported at 10:01 a.m. Monday that a neighbor at 1100 Arborgate Circle was playing Guitar Hero too loudly, according to Chapel Hill police reports. »

(A 10h01 lundi matin, quelqu’un a appelé la police de Chapel Hill pour signaler qu’un voisin, résidant au 1100 Arborgate Circle, jouait au jeu vidéo Guitar Hero trop fort.)

« Someone stole two pumpkins from a home between noon and 6:20 p.m. Monday at 402 Somerville Road, according to Chapel Hill police reports. The pumpkins were valued at $10, reports state. »

(Quelqu’un a volé deux citrouilles entre midi et 18h20 lundi au 402 Somerville Road, selon le rapport de la police de Chapel Hill. Les citrouilles avaient une valeur de 10 dollars.)

En passant : il est commun de publier les adresses des gens dans les faits divers (pas que dans le Daily Tar Heel, dans les journaux locaux américains en général).

Il est aussi apparemment normal d’appeler la police pour un peu n’importe quoi -un vol de citrouille, un raton-laveur, des gens qui fument « quelque chose » dans les bois…

Party in the USA

Dans le genre parasite musical ultra-résistant, même « Oops I did it again » de Britney Spears et Dragosta Din Tei de Ozone (mais siii, le tube de l’été 2002 ! Allez, tous ensemble : namiya ééé – namiyaa ouu – namiyaaa ha-ha) ne le bat pas.

Ce genre de daube, une fois que ça commencé à te grignoter le tympan, t’es foutue, ça te colonise le cerveau entier et tu peux pas t’en débarrasser avant plusieurs jours.

Aujourd’hui je l’ai entendue à la radio ce matin, deux fois dans la voiture, trois fois à la gym, et re-ce soir à la radio.

J’ai halluciné en voyant le clip à la télé, c’est à se demander si ce n’est pas une commande directe du gouvernement américain.

Le clip, d’abord: 3 min d’American Success. Admirez le close-up sur les santiags+ les grosses voitures.

Le meilleur, c’est quand même grotesque déroulement de bannière étoilée géante au ralenti (avec Miley Cyprus qui se lèche les babines et roule des hanches devant)

Et puis les paroles, apparemment complètement débiles.

C’est l’histoire d’une jolie redneck qui vient de Nashville, Tennessee (=Trouperdu ville sur rivière).
Elle va dans une boîte de nuit à Los Angeles parce qu’elle a envie de devenir célèbre. Elle est perdue et elle a peur avec tous ces gens connus. (« I hopped off the plane at LAX with a dream and my cardigan welcome to the land of fame excess, (woah)
am I gonna fit in? »)

Heureusement « le DJ joue sa chanson préférée, c’est du Britney, yeah yeah yeah »
Du coup elle se fait plein d’amis beaux et jeunes comme elle et « IT’S PARTY IN THE USA, YEAAAAH ! »

Enjoy, et si quelqu’un trouve de quoi tuer le ver d’oreille, faites moi signe!

Easily hired, easily fired

Aujourd’hui, j’ai besoin d’argent.

J’avais vu il y a quelques semaines qu’ils demandaient des bras aux Student’s store (magasin du campus). Ce matin, je me pointe et demande à parler au manager.

– Désolée ma petite, on n’embauche plus pour le rush d’avant Noël. Peut-être plus tard. C’est quoi votre nom?

(grand sourire, effet Pokémon: /on) Victoire. Je suis française.

(yeux qui brillent) Ha booon? J’adoooore la France, j’y ai passé ma lune de miel! On a survolé la Bourgogne en ballon ! Aix-en-Provence! Pariiiiis! Courchevel! Le marathon ! Le vin!

– J’aime beaucoup votre pays aussi.

(silence ; il m’examine plus attentivement)

– Bon écoute Victoire. J’ai pas vraiment besoin de monde en plus, mais tu me plais bien. Allez, t’es embauchée ! Tiens, regarde le planning là, et choisis tes dates. 20h par semaine, ça t’irait?

– Oui ! Whaouh, c’est génial! Merci beaucoup! Mais, euh, vous voulez pas voir mon CV…?

– Pour quoi faire ? Moi tu vois je me base toujours sur la première impression!

– Merci encore, c’est super!

– Repasse demain matin pour signer les papiers, ok? ha, et remplis moi cette feuille et celle-là pour demain. Et tiens, prends ma carte. Ravi de t’avoir rencontré, tu vas voir, on a une super équipe ! Bonne journée Victoaaaar!

Je ressors du student’s store absolument enchantée de la rapidité du processus. Je sais pas combien je vais être payée, probablement au salaire minimum, qui tourne autour de 7 dollars brut = moins de 5 euros net de l’heure. En fait je ne sais même pas en quoi exactement consiste le job.

20h. Je viens de rentrer à la maison.
Tellement contente d’être embauchée aussi vite que j’ai quitté le Student’s Store en laissant tous les papiers que m’a donné le manager ainsi que sa carte sur le comptoir du magasin

MONEY : FAIL.