Archives mensuelles : janvier 2010

Expérience culturelle 67 – Des crevettes au beurre

Soirée hier à la maison.

copain 1 : « Yeah, I like the chick, but she’s kinda butterface… »

moi : – …?

copain 2 : – Ha ha ha. A BUTTER-FACE. A BUT-HER-FACE. Everything looks good but her face.

moi : – ha ha ha

(traduction : but her face = sauf sa tête)

moi : – En français on dit que c’est une crevette. Parce que tout est bon, sauf la tête.

(laughters)

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L’état d’urgence déclaré à Chapel Hill

« Le maire Kleinschmidt déclare l’état d’urgence à Chapel Hill alors que la ville se prépare à affronter de 7 à 15 cm de neige. »

Ouh la la la.

Commentaire d’un étudiant sous l’article : « 3 to 6 inches is an emergency IN BED »

(ouarf ouarf ouarf)

Apocalypse snow 2

Depuis hier, il neige sans faire de bruit. Le campus est en état de siège. Les bibliothèques sont fermées, les fêtes annulées, les bus ne circulent plus. Aucune voiture ne passe sur la route à côté de ma maison.

Hier il faisait doux, on ne portait même pas de manteaux.

J’écris toujours pour le Daily Tar Heel. J’admire les chefs de rubrique, qui trouvent toujours moyen de remplir le canard.

Ainsi, hier j’ai trouvé un mail de Tori dans ma boîte:

« Hiii giiirly!  ;) […] got a fun story for you this weekend […] we want to do a story about how ice cream places are affected by the cold weather. »

J’ai fait mes devoirs bien consciencieusement. J’ai maintenant 4 pages de citations. Patrons : « Oh yeah, c’est sûr on vend moins de glaces depuis qu’il fait froid. Mais les gens aiment toujours les glaces, alors on en vend quand même. », « On va sûrement fermer demain parce qu’il va neiger. »

Clients : « Ah oui mais non moi je mange toujours des glaces trois fois par semaine. » Client 2 : « Ca ne me dérange pas de manger des glaces en hiver si je les mange à l’intérieur, parce qu’il fait chaud. »

Comme j’ai rien à dire, je me tais.

The United States of America ™

La décision a beaucoup choqué ici.

Jeudi, la Cour Suprême des Etats-Unis a cassé les limites imposées aux entreprises privées en matière de financement électoral.

Celles-ci peuvent désormais financer directement les campagnes de communication des candidats, sans aucune limite dans les sommes qu’elles y consacreront.

Même Obama désapprouve l’arrêt des juges.

Il a qualifié leur décision de « grande victoire pour l’industrie pétrolière, pour Wall Street, les compagnies privées d’assurance maladie et tous les puissants groupes d’intérêts qui s’organisent tous les jours à Washington pour noyer les voix du peuple américain. »

Qu’est-ce qui est passé par la tête des juges? Ils sont gâteux? Vendus au grand capital? Non, ils sont sûrement plus soucieux de théorie juridique abstraite que de politique, même si ça n’excuse rien.

Les juges se sont attachés à l’interprétation du premier amendement de la Constitution (liberté d’expression), plutôt qu’aux conséquences pratiques de leur décision sur la démocratie américaine.

Cinq des neufs juges sont favorables à la décision.

Ils ont considéré que les entreprises devraient aussi être protégés par le 1er amendement.

« Les candidats devraient se mettre porter des combinaisons avec les logos de leurs sponsors imprimés dessus, comme celles des champions automobiles!. Comme ça on pourrait voter pour le candidat sponsorisé par notre entreprise préférée!, » a ironisé un lecteur du New York Times.

J’ai pas l’impression qu’on en ait beaucoup parlé en France, si?

Je n’ai pu trouver qu’un article d’Eric Chalmet dans la Tribune et une dépêche AFP publiée dans le Figaro. Rien dans le Monde…

Parano à Candy-Land 2 : La carte des délinquants sexuels

Frank Thomas vit à quelques rues de chez moi. Il a une cicatrice sur la joue droite. Il est blanc. Il mesure 1m86 et pèse 82 kilos.

En 1973, il a été condamné à 29 ans de prison pour viol.*

Je ne l’ai jamais rencontré Frank Thomas. Ni lui, ni aucun des 17 délinquants sexuels qui habitent près de chez moi, d’ailleurs.

Il m’a suffit qu’une simple visite sur le site internet du registre régional des délinquants sexuels pour obtenir toutes ces informations.

A partir de n’importe quelle adresse, on peut obtenir une carte localisant le domicile des délinquants sexuels du voisinage.

Chaque point sur la carte relie à un profil détaillé des anciens délinquants sexuels avec photographie, âge, taille, poids, race, pointure, cicatrices, tatouages, crime, date du crime, adresses depuis la mise en liberté…

Il existe aussi un registre national des délinquants sexuels.

Ces fichiers existent depuis 1996.

Choquant? Terrifiant? Violation des libertés? Je suis bien d’accord.

Mes amis américains, eux, n’y voient aucun problème. Ils m’ont dit que cela les rassurait.

Je ne comprends pas bien l’utilité d’un tel fichier, encore moins celui de la carte: entraîner les enfants à reconnaître les anciens délinquants sexuels du voisinage?

__

* j’ai changé les noms et les informations

Qu’est-ce que je vais pondre?

J’ai trouvé un nouveau mot génial : to broode –> brooding –> broody

Je boude pas, je broode.

To broode veut à la fois dire :

1. couver un oeuf

et

2. broyer du noir, ruminer.

crak.