Archives de Catégorie: Beautiful people

Spring break time

En vacances!

Les pancakes reviennent lundi

des bisous au sirop d’érable

Où on fait des photos

… aucun rapport avec les Etats-Unis, ni avec le campus, ni avec le journal. C’est juste qu’hier j’ai pris des photos genre studio de mon copain Denver pour le devoir à rendre en cours de photo-journalisme. C’était marrant, j’avais monté les lumières et tout le bazar dans le salon, il a fait son crâneur en écoutant du David Bowie, on a bu de la bière et je lui ai fait des bisous au rouge à lèvres sur les joues (pour qu’il crâne encore plus, mais finalement j’ai tout mis en noir et blanc parce qu’on aurait dit qu’il avait été battu par des groupies en furie)

Sinon envoyez moi d’urgence des carottes et des poireaux, des pommes ou n’importe quoi qui ne contienne ni sucre, ni graisse, ni beurre de cacahuète, ça fait trois semaines que j’en ai pas mangé et que je me nourris alternativement de pizza hawaïenne, de burrito ou de BigMac.

Je m’intègre, quoi.

c’était monnombril.com, une information supportée par WordPress

Harlem Carnaval — New York

Le 6 janvier, faute de galette des rois, nous sommes allés au carnaval de Harlem.

Ce vieux tout fou dansait au milieu des enfants et des marchands de barbapapa, dans le soleil du matin. Il tenait un chien dans ses bras, peint de toutes les couleurs.

Les rois mages en carton défilaient avec les enfants et les jongleurs.

Sur le côté, entre la police et les chars, un improbable bonhomme sur son vélo diffusait des comptines portoricaines.

Ho-ho-ho-ha-ha-ha — Le Yoga du rire

J’en ai encore mal aux côtes.

Hier soir Clément, Christian et moi sommes allés à une session gratuite de « Laughter Yoga », ou yoga du rire.

Pas qu’on s’emmerde, mais on s’est dit que ça avait l’air drôle – et pour cause.

Pendant une demie-heure, avec un groupe d’une vingtaine de participants, nous avons ri, à nous en exploser la mâchoire.

Dans le lot: une octogénaire lilliputienne bien sympa, un lycéen aux yeux exorbités, un couple cool, quelques dames sans âge, une grosse tatouée, des étudiants, un grand moustachu et l’inerrable gourou du rire Vishwa Prashkar.

C’est lui, là. Il a l’air sympa, hein?

Bon,  au début, on a un peu flippé… What the fuck we’re doing here again?

Mais ça c’est vite détendu, grâce à des exercices ridicules mais efficaces du genre : « Riez comme des chèvres » ou « imitez le rire du lion ».

Tous les participants commencent par se saluer les uns les autres en tapant dans leurs mains et en disant « ho-ho-ho-ha-ha-ha ».

(d’ailleurs, rien que d’y repenser, j’ai mal aux abdos…)

Et puis l’absurdité de la situation faisait que nous n’avions pas besoin de beaucoup nous forcer.

Les plus enthousiastes affirment que le yoga du rire soulage toutes sortes de douleurs, brûle des calories (400 par heure), soigne l’asthme et renforce les protections immunitaires.

Je ne sais pas trop quel crédit leur accorder.

Tout ce que je sais c’est que c’était EXCELLENT, on en est ressorti au moins aussi calmes et heureux qu’après une heure de jogging (ou un orgasme géant).

Ah oui, l’autre truc cool c’est que c’est pas une secte, en tout cas ça ne m’a pas paru religioso-spiritualo vaseux.

Plus d’info ici, et le club du rire à Paris est

Photojournalisme – suite

Un autre photoreportage de fin de semestre que j’ai beaucoup aimé, celui de Ryan Greene.

Jess Kaplan, 22, greets Moka, one of 13 tigers at Carolina Tiger Rescue in Pittsboro, N.C. Kaplan and two other keepers handle most of the care for the tigers and other wild cats, most of which were abandoned or were rescued from private organizations that went out of business.

Kaplan prepares buckets of deer meat, beef ribs and whole chickens to feed the animals. Surviving on donations, the non-profit Carolina Tiger Rescue’s facilities, like this outdoor freezer and prep shed, are far from glamorous.

Kaplan and another keeper, Lenore Braford, butcher a deer that will eventually feed several tigers. During deer season, hunters donate extra kills, and each tiger will get legs or a torso. « It’s a nice change from chicken, » Kaplan says. « It’s a real treat for them. »

Rajah enjoys the fruits of Kaplan’s labor as he eats his deer torso. He has been at it for hours, biting off bits of meat or licking off whole strips of the pelt with his tongue. « You ever feel a house cat’s tongue, how coarse it is, » Kaplan asks. « Imagine that, but a hundred times coarser. »

Having made her rounds, Kaplan prepares to head back to the office. After she checked in on several of the facility’s different wild cats, which include cervals, ocelots and binturongs, Rajah was Kaplan’s last stop.

Photojournalisme – Projet de fin de semestre

……

Chapel Hill, N.C., October-December 2009

Quarante-cinq millions de dindes tuées cette semaine

… dont deux finissent d’être broyées dans les 22 estomacs des personnes présentes au dîner tout à l’heure.

Je devais normalement passer les vacances de Thanksgiving chez Corban, mais ça a vite tourné au cauchemar — détails à venir.

J’ai donc appelé mon copain Christian pour qu’il vienne me sauver. Sa Ford festiva toute pourrie a soudainement pris des allures de vaisseau spatial, bravant vaillamment les lourdes grilles en fer forgé de la propriété des Davis.

Du coup, à la place, j’ai fêté mon premier Thanksgiving dans la famille de Christian- huits frères et soeurs, parents, grands-parents, oncles, tantes, rejetons divers, neveux nièces bébés et inconnus de passage, 22 personnes en tout.

Il est 2h30 du matin, je peux pas dormir tellement j’ai mangé. Gavage en continu de 16h de l’après-midi à 22h tout à l’heure, comme Noël en France, sauf que, ne l’oublions pas, everything is bigger in America, alors on mange plus et plus longtemps.

Sauce aux airelles, purée de pommes de terre, marrons et raisincs secs, patates douces, sans oublier les deux dindes et les multiples gâteaux et tourtes et tartes à la citrouille, à la pomme, aux noix de pécan, au miel, à tout ce qui est gras et sucré et bon, le tout arrosé d’une triple couche de crème Chantilly. Et des chocolats au cas où vous auriez encore un petit creux. Et trois grosses douzaines de bouteilles de vin/whisky/bière pour faire passer le tout.

Avant de manger tout ça, la famille de Christian a dit les grâces. Bon, après tout pourquoi pas. Tout le monde en cercle s’est tenu les mains (oui oui, y compris moi et mon irrepressible envie d’exploser de rire/de me barrer en courant) et fermé les yeux pendant que l’oncle remerciait Dieu pour Ses Bienfaits divers et variés (l’amour, les cuisiniers, la vie, les gens, et les dindes, donc.)

A propos de grâces et de dinde, la dernière campagne de la PETA (association de protection des animaux) a été interdite de télévision – sans blague.

‘Grace’: PETA’s Thanksgiving ad

Pourquoi Roxanne Turpen est magique

Quelque part entre le lutin et le soleil, il y a Roxanne Turpen.

Voilà, c’est elle.

Roxanne est belle. Incroyablement vivante. Et surtout, elle a un talent fou.

Roxanne est photographe. Un peu peintre aussi, elle aime les chèvres et les gens et les enfants. Tout juste 23 ans, déjà quarante vies.

Voilà, regarde, c’est ça qu’elle fait, entre autres.

Alors toi qui n’en peut plus de la pluie de novembre et de l’odeur du métro, vas-y, cours, remplis toi les yeux des lumières et des rêves de Roxanne, ça émerveille.

C’est là : http://www.roxanneturpen.com/index.html

Dans la série de photos « Orange Road », c’est ma coloc Jen qui pose.

Roxanne promène son aura géante et rouge dans des champs de blés un après-midi à la fin du printemps. Elle garde des traces de bisous sur les joues.

Roxanne conduit comme si elle t’emmenait au bout du monde. Elle met un disque génial très fort – elle chante et puis elle raconte une histoire, elle rigole, et ça y est, on est arrivés à l’autre bout de la terre. Sa grande soeur aussi est photographe, elle fait de très belles photos de mariage – c’est à dire naturelles: http://www.tracyturpen.com/

Roxanne a de la vie plein des mains, qu’elle répand en étincelles magiques un peu partout sans trop s’en rendre compte. Un mardi matin, juste avant de prendre l’avion pour la République Dominicaine, Roxanne dansait comme un démon dans ma cuisine, et moi avec elle.

Comment je la connais? Comme tout le monde, elle a atterri dans ma vie et puis elle est repartie, en laissant des traces de poudre de fée clochette. Roxanne habitait dans la maison verte de Bim Street l’année dernière, elle vivait dans la chambre que j’occupe. C’est la meilleure amie de Jen. Parfois elle s’arrête à la maison, pour faire une pause entre Washington et Asheville.

Rien que l’année dernière, elle est allée à Hawaï, en Alaska, en Argentine, au Chili, en Bolivie et en Australie.

Le genre de personnes à qui on veut tout donner. Confiance instantanée.
C’est pour cela que ses photos sont si bonnes. Regardez ses portraits… C’est pas une histoire de technique, c’est pas chimique, c’est une histoire d’humanité. C’est peut-être ça, le secret des grands photographes. A n’en pas douter, elle en est une.


credit for all the pictures: Roxanne Turpen.

Saturday whirl

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Quatre jours de pluie en continu, aujourd’hui c’était fini.

Soleil dans les arbres rouges et verts et jaunes, course-poursuite des écureuils, bruit des feuilles mortes qui craquent sous les pieds.

Ca suffit pour être joyeux toute la journée.

Ce matin, j’avais rendez-vous au marché de Carrboro avec mon copain Mark – celui qui vit dans les bois avec Beans, son chien magique.

Mark m’a présentée à Wilma, qui un jour d’automne 1993 a décidé de démissionner du laboratoire nucléaire où elle travaillait pour démarrer une ferme de fromages de chèvre. Et faire pousser des cactus.

Wilma et Mark

Mark et Wilma samedi matin au Carrboro Farmers Market.

On a été petit-déjeuner à la station-service du coin – $2,99 (moins de deux euros)  les oeufs brouillés+café+ une galette de pommes de terre + un steak+ un brisket (sorte de petit pain gras et croustillant, typique du Sud des Etats-Unis)

Après, j’ai dû filer pour aller écrire l’article du Daily Tar Heel : ce week-end, les artistes de Carrboro ouvrent leurs studios au public.

Rencontré une restauratrice de livres anciens, Susan Soleil – des belles mains patientes, un grand sourire calme, et beaucoup d’énergie. 60 ans, apaisée. Elle m’a dit qu’elle regrettait de ne pas avoir de petits-enfants, c’est peut-être pour ça qu’elle m’a appelée « Sweetie » et « lovely doll » pendant tout l’entretien. Elle m’a fait des bisous et elle m’a offert une carte ancienne de Paris, et je vais retourner la voir bientôt. C’est le genre de personnes dont la présence physique calme.

Puis j’ai rencontré un sculpteur fabuleux, Mike Roig, et sa femme, Clay Carmicael, auteur pour enfants et illustratrice.

Leur jardin est rempli des sculptures mobiles de Mike.

Roig-West-Wind-Sentinel-med

En revenant, j’ai vu des gens assis en cercle dans l’herbe, à côté d’un bus géant, peint en vert. Ils viennent du Montana (= de l’autre bout du pays, au Nord-Ouest) et font partie de l’association pour la promotion de la Permaculture (???). Ils se baladent dans tout le pays avec leur bus, leurs plantes, leurs graines, et  leurs deux chiens.

Ha, et quatre poules en enclos.

Ils donnent des cours sur les plantes médicinales.

Un peu plus loin, une demi-douzaine de membres des Happy Hoopers (amateurs de houla-hoop) s’entraînaient en écoutant Shakira.

Ce soir, je fais la fête avec les gens de ma rubrique du Daily Tar Heel, et après c’est « Ugly Sweater Dance Party » chez Dylan (= venir avec le pull tricoté le plus immonde possible)

Happy? Yeah !

The dog that finds money – une pizza à la framboise

Lundi après-midi, j’étais encore à la bourre pour mon devoir de photojournalisme.  Sujet de la semaine: feature. Je rentrais la boule au ventre à la maison, en espérant qu’une idée de photo tombe du ciel.

Sur le chemin, à vélo, sur Franklin Street, un type me sourit, la barbe crade. Comme il avait l’air d’avoir envie de discuter, je m’arrête pour partager une cigarette.

Mike a un accent britannique et des bons yeux. Je le prends en photo.

Il travaille de temps en temps comme mécanicien pour Gumby’s pizza. Cinquante ans, deux enfants, pas de taf, pas d’assurance santé, pas de maison, pas de fric.

Pendant que Mike réparait deux trois trucs sur mon vélo, Mark, un copain à lui, passe par là.

La barbe de Mark est encore plus longue, il a le visage creusé et des trous dans les mains. Il a un labrador jaune, qui s’appelle Beans, et un gros sac à dos kaki.

Beans est un chien étonnant.

Il peut sentir l’odeur des billets de banque, les trouver et les rapporter à son maître.

Je vous jure, je l’ai vu faire!

Malheureusement pour son propriétaire, Beans préfère l’odeur des billets de 1 dollar à ceux de 100.

Mark, soixante-dix ans, vit dans une cabane dans les bois de Carrboro – l’hiver, il déménage au centre d’hébergement pour SDF de Chapel Hill.

« Hey gal’! You wanna get free food? » dit Mark – (hé, tu veux de la nourriture gratos?)

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Salmon dinner party

Roxanne et Jeremie

Roxanne Turpen est magique.

Hier, elle m’a emmenée dîner chez son meilleur ami, Jeremie, à Raleigh.

L’un des coloc de Jeremie travaille comme pêcher de saumon en Alaska tous les étés, pour payer ses droits d’inscription à la fac.

L’autre coloc de Jeremie, Jessie, a traversé les Etats-Unis d’Est en Ouest l’été dernier, en vélo.

Leur congélateur est rempli de saumon enveloppé dans du papier journal.

Hot cider and salmon
On s’est gavé de saumon sauvage et écouté de la chouette musique. Ils ont fumé des cigarettes qui font rire et j’ai pris des photos. C’était bien.


Et sur le chemin on a écouté les Kinks et MGMT, très fort.

Quand Roxanne conduit on a l’impression qu’elle va vous emmener à l’autre bout de la terre.

Cette fille vient d’une autre planète.

...

Light assignment – Mark

Mark Ruhi Frank

Dernier devoir en cours de photojournalisme : Lumière.

« Faites un portrait de quelqu’un de plus de 70 ans. Interdiction de photographier quelqu’un de votre famille. La lumière doit être l’élément le plus important de votre portrait. »

Où diable trouver quelqu’un de plus de 70 ans dans une ville peuplée d’étudiants?!

J’avais pas très envie d’aller dans une maison de retraite.

Alors j’ai attendu tout un après-midi devant le magasin de fripes&antics de mon pote Syd (qui a plein de trucs à raconter, de conseils et de compliments inappropriés à donner – mais il est chouette, avec sa barbe et ses blagues incompréhensibles).

Et puis, magie, à force d’attendre, j’ai vu le sujet parfait arriver.

Mark.

Mark ne voulait pas que je le prenne en photo, au début. Mark a une voix de fée, une bosse bizarre sur la tête, de grands trous tristes dans les yeux. Il parle doucement.

Il dit qu’il vient peut-être d’une autre planète, et qu’il ne sent chez lui nulle part.

Mark a voyagé toute sa vie, en Amérique du Sud, en Inde, en Afrique… Il habite à Carrboro depuis 8 ans, mais il dit que ça fait trop longtemps, qu’il n’a jamais habité autant de temps au même endroit, qu’il lui faut partir.

Je l’ai suivi au supermarché. Et puis chez lui, un petit studio au dernier étage d’une maison en bois, avec une terrasse, très jolie.

Il m’a lu ses poèmes, et on a parlé, longtemps, de la vie, la mienne, la sienne, j’ai pris des photos, on a marché, fumé des cigarettes. C’était chouette.

how quickly the universe spins
and events on the earth turn
humanity in the throngs of change
creating conflicts
yet the moon shines
and the stars lite the night
ruhi

« The sky was made for us tonight… » – Iggy Pop

Une nuit magique, sur la banquette arrière d’une mustang 1967 rouge.

Vous savez, une de celles qui font un bruit de dragon quand elles accélèrent.

J’en ai rien à faire des voitures d’habitude, mais là… Rouler très vite dans la nuit sur des routes désertes en hurlant « I am a passenger, and I ride and I ride… and you know it looks so good tonight… » dans une belle voiture rouge, c’était mon American Dream à moi.

Avant ça, l’après-midi on a tous été dans la seule poissonnerie de Carrboro, une cabane au milieu d’un parking, parce qu’on voulait acheter du thon cru pour faire des sushis. Ca sentait le poisson, fort. Normal, vous me direz. Sauf que même Christian, Kevin et Dylan, qui passent ici pour trois bobo-européen-roots, étaient dégoûtés par l’odeur. C’est vrai que ça ne sent jamais rien d’habitude ici. Dans les supermarchés, même les légumes sont enveloppés dans du plastique, et je n’ai jamais vu un tel choix de déodorants.