Archives de Catégorie: Creative Writing – Beginning Fiction

La fille avec du vernis à ongle orange

Dernier cours de Creative Writing…

Ca a vraiment été mon cours préféré de tous les cours que j’ai jamais eu. Chaque semaine, on devait écrire un texte de fiction et l’envoyer à toute la classe.  Les cours consistaient à une discussion sur les textes soumis: critiques, commentaires, suggestions d’amélioration, etc.

Pour le dernier cours j’ai envoyé un petit texte qui s’appelle « Every moment counts. »

Le titre, c’est à cause de la phrase qui a été imprimée tous les jours dans le Daily Tar Heel en signe de commémoration pour Eve Carson, l’ancienne présidente du Student Body. Elle a été sauvagement kidnappée et asssassinée l’année dernière. C’est une histoire horrible.

Comme Eve Carson aurait dit un jour « Every moment counts, »  tous les jours dans le journal on avait le droit à une suggestion du genre « soyez gentil avec votre voisin », « appelez un ami pour lui dire que vous l’aimez » (en commémoration d’Eve Carson, donc…)

Si si, y’a un rapport avec le truc.

Bref, alors j’ai donné mon texte, les gens l’ont critiqué, et il y a cette fille dans ma classe, Madison P. elle s’appelle, qui m’a tendu un petit mot qu’elle avait écrit sur du papier à ligne avec une jolie écriture très droite: (attention, hein, je préviens, les compliments ici c’est excessif, tout est great et awesome et extraordinaire, c’est culturel)

« Victoire,

Je suis surprise de la puissance que tu peux donner à un texte si court – j’ai honte, parce que je crois que je suis cette fille dont tu parles, qui porte du vernis à ongle orange. […]

Madison P. »

Bref et je raconte ça pas pour me vanter mais parce que ça m’a surprise, c’est vrai que j’ai pensé à Madison P. et à Claire Z. et Audrey R. qui sont dans des sororities, qui sont riches et qui vivent dans des banlieues ultra-sécurisées et qui trouvent que c’est triste quand même les enfants en Afrique, qui envoient leurs dons par texto quand elles regardent le séisme en Haïti en se peignant les ongles. Et après j’ai un peu regretté, je suis une sale moralisatrice pleine de jugement. Bref.

Le texte est là:

Every moment counts

In their new and expensive house, you hear the air conditionning purring through the walls. The fridge makes icecubes and the lights can be dimmed. Every time the door is opened or closed, it makes a clear, shrill sound. It is safer that way.
There are humans living in the new expensive house. On a second floor, there are four rooms, and in one of them, a twenty-year-old girl, with two brown eyes under perfectly twizzled eyebrows. Her hair has never smelled like firewood, she has never waited for a train and never cleaned dirty toilets. She has a nice smile, white teeth, and there is a flag on the porch.
In their world, entertainment stands for politics. When they are sad they take a trip to the mall; shopping against sadness, work against nightmares, charity instead of revolt.
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Des nouvelles des ratons-laveurs et des cafards

Je suis vraiment, vraiment contente de revenir à Paris la semaine prochaine.
Pas pour trop longtemps, hein, quelques jours, c’est parfait.
Juste le temps de savourer un verre de vin rouge en terrasse sans qu’on me demande ma carte d’identité, avec une cigarette sans qu’on me fasse la morale pendant trois heures, après un bon film plein de dialogues interminables et de plans fixes comme Hollywood en a horreur. Le tout assorti de deux ou trois tartines de fromage qui PUE. Du crottin de chavignol bien fait, par exemple, sur une baguette avec de la vraie levure vivante, à déguster avec famille et amis, avant qu’on s’engueule tous copieusement sur un quelconque sujet un peu polémique.

D’ailleurs, j’en profite pour dire, comme ça c’est plus officiel qu’un mail, c’est sur ce blog et tout: MERCI encore à vous tous qui avez cotisé à l’achat de mon billet d’avion, j’ai hâte de vous voir à la fête du 9 avril prochain.

Sans transition (oui, voir les Guignols en famille ça me manque, aussi)

Nous cohabitons en bonne harmonie avec les ratons-laveurs du grenier et les colonies de cafards de la cuisine. Heureusement, ils ne puent pas quand on les écrase.
Ils dévorent actuellement les fondations de la maison, mais je pense être partie avant qu’elle ne s’écroule.

Sans transition encore, j’ai enfin terminé une nouvelle pour mon cours de Fiction Writing, c’est encore plein de trucs pas très propres, comme des cendriers sales et des mélanges liquides en pleine grève des éboueurs, juste pour le petit plaisir de provoquer (c’est puéril, je sais).

C’est dans « Ecriture pour rire », en haut de la page, et ça s’appelle « Plastic bags ».

love, love

Le ventre des poissons rouges

Un autre bout d’histoire. Toute ressemblance…etc

------- August Chocolate -------

After their week-end trip to Asheville in mid-August, the mother and her two children did not go out for two days. The heat made them all lazy and moody. Everybody had been eating spicy Pringles and Milka rice chocolate in bed, taking small naps all along the day, because time goes by quicker when you sleep.

On the first floor, the daughter was reading Harry Potter and the Half-Blood Prince for the fourth time in two months, lighting a Camel filter occasionally. She scratched her hairy armpit, then sniffed her fingers, because she liked the smell of her own sweat. On the second floor, the son was playing World of War craft on his computer.

From time to time, the cat was mewing, because he wanted to go outside. For some reason, they all had fattened at the same time, the daughter, the mother, the son and the cat. In the adjacent bathroom, the giant goldfish was floating, belly up. Nobody had noticed it yet.

The wooden staircase cracked as they all went down to the kitchen. It smelled like rotting garbage and cat’s urine. The cat’s litter was full, so he had peed on the green linoleum. “Assholes,” thought the mother. She looked at them: the fat dumb cat, the daughter, her stale cigarette odor, and worse of all, the son. Parasite! She glanced at him. He had greasy blond hair, a flabby stomach coming out of his pajamas pants, and fatty shoulders covered with acne pimples. She clenched her teeth. “Stand up straight, for God’s sake, you stupid jerk,” she said, raising her hand.

She thought he was going to hit her but instead he ran against the door and broke the window pane with both hands. There was blood everywhere on the new linoleum. His hands and his wrists had a really weird angle.

He gave them a surprised look. Nobody was crying yet.