Archives de Catégorie: Des histoires

Hippy Funky Rice

Youpi! Ce matin, mon article a fait la une du Daily Tar Heel. J’étais drôlement contente.

L’article traite d’un nouveau mouvement de fermiers bio, les « cropmobbers » (de l’anglais « crop »: récolte, moisson et « mob »: mobilisation), qui se répand dans le reste du pays.

Ces fermiers atypiques, pour la plupart jeunes et très diplômés, fuient la vie de bureau et leurs carrières toutes tracées pour venir s’installer à la campagne. Quand un fermier a besoin d’aide pour la moisson ou d’autres travaux, il lance un appel sur internet: tout le monde peut venir donner un coup de main mais personne n’est payé.

Et ça marche: hier, à Moncure, quatre-vingts personne sont venus aider les fermiers de Edible Earthscapes à creuser des rizières. Pour les participants, qui n’avaient dans leur majorité aucune expérience, c’est l’occasion d’apprendre, de passer la journée dehors, de rencontrer de nouvelles personnes et de se sentir plus proches de la nature.

Je me suis éclatée à écrire ça hier: j’ai rencontré de sacrées personnalités, des gens courageux, intelligents, décidés.

Décidément ce pays est plein de paradoxes. Les valeurs des cropmobbers (solidarité, apprentissage mutuel) détonnent au royaume du capitalisme, de l’individualisme et du profit personnel.

http://www.dailytarheel.com/content/‘crop-mob’-takes-over-triangle

Les baleines et les nerds

Je suis à la bibliothèque. Il est une heure du matin.

Vers minuit, la population de la bibliothèque change. De jeunes garçons à la peau pâle et aux grosses lunettes, les yeux rougis et les mains déformées par toutes les heures qu’ils ont passées devant leur ordinateur, sortent de leur caverne et viennent mangent des yogurts à la fraise sur les tables géantes. En bon anglais, on appelle ce genre de garçons et de filles des nerds (prononcer neurds), ce que Wikipédia définit comme « une personne solitaire et intelligente, à la fois socialement handicapée et passionnée par des sujets liés à la science et aux techniques »

J’ai découvert avec hilarité qu’on peut indifféremment utiliser le mot « nerd » ou « dork ».

Dork.

Dork, ça veut en fait dire « pénis de baleine. »

D’abord la langue américaine est décidemment fabuleuse. Rien que le fait qu’un tel mot existe exprès m’émerveille. En googlant tout ça, j’ai découvert qu’il existait même une « Whale’s Penis Church »

Je vois pas trop le rapport entre les gens autour de moi et le pénis de la baleine, mais je ne résiste pas au plaisir de poster la photo, histoire de donner une nouvelle preuve de mon élégance naturelle

EDIT (au café, il est 8h du matin): En fait je suis déçue, a « dork », ça veut dire pénis tout court en argot. Mais bon ça casse tout mon post alors comme c’est quand même un peu drôle je le laisse. Love et confiture

Bières, hidjab et épées

Salut. Il est 02h14 du matin.

J’ai passé la soirée à regarder Thomas Le Guillou disputer ses matchs d’escrime contre les Dookies (les étudiants de Duke University, nos ennemis jurés.)

J’ai pas tout compris, ce qui ne m’a pas empêchée de crier avec enthousiasme des phrases stupides du genre « Barbapapa! » et « Vas-y Thomas défonce-les!!! ». Thomas est super fort, il a été champion d’escrime de France l’année dernière et du coup tout le monde l’adore ici. Et je dois avouer que malgré leurs casques et leurs chaussettes ridicules et leurs prises électriques qui sortent de leur t-shirt, c’était quand même bien drôle de le voir jouer.

Parce qu’en plus il a gagné (il est vraiment super fort, je vous dis). Du coup, pour fêter ça dignement, on est allés faire la fête chez ses copains d’escrime. Et on a joué au Beer Pong.

Joie, ivresse et accomplissement ce soir: j’ai ENFIN appris à jouer au Beer Pong, qui, comme son nom l’indique, se joue avec de la bière et des balles de ping-pong.

En gros ça ressemble à ça :

Il faut lancer sa balle dans les gobelets de ses adversaires pour que ceux-ci puissent boire.

Mis à part le fait que la bière était franchement ignoble, on a bien rigolé, avec Thomas (on faisait des bruits de grenouille et on chantait Edith Piaf et « On est les champions » pour distraire l’équipe adverse, et on a gagné (c’est à dire qu’on a beaucoup bu).)

Entre le match d’escrime et celui de Beer Pong (qui a rendu le retour à la maison en vélo dans la nuit assez périlleux), j’ai passé deux heures au milieu du Congrès de l’Association des Etudiants Musulmans des Etats-Unis, et c’était plutôt drôle.

Je devrais aller me coucher, parce que demain, le photographe du Daily Tar Heel et moi nous nous rendons à Hillsborough pour assister à une reconstitution historique de la guerre d’Indépendance Américaine (avec fusils et chapeaux à plumes). J’ai hâte.

Have a nice day!

Jésus et les doughnuts

Cette nuit j’ai lu « Brownies, » une nouvelle géniale de ZZ Packer. Ca se passe dans un camp scout pour jeunes filles noires dans le sud des Etats-Unis. Une nuit, elles font une expédition punitive dans le camp scout voisin, qui accueille des jeunes filles blanches.

Les filles du camp Brownie sont chaperonnées par deux femmes sans âge vaguement dépressives: Madame Margolin et Madame Herdy, qui leur font chanter toutes sortes de chansons chrétiennes complètement stupides.

Extrait :

« No, no, no, » Mrs. Margolin said before anyone could start in on « The Friends Song. » « An uplifting son. Something to lift her up and take her mind off all these earthly burdens. »
Arnetta and Octavia rolled their eyes. Everyone knew what song Mrs. Margolin was talking about, and no one, no one, wanted to sing it.

« Please, no, » a voice called out. « Not ‘The Doughnut Song.’ »
« Please not ‘The Doughnut Song,’ », Octavia pleaded.
« I’ll brush my teeth twice if I don’t have to sing ‘The Doughnut –’ »
« Sing! » Mrs Margolin demanded.

We sang :

Life without Jesus is like a do-ough-nut!
Like a do-ooough-nut!
Like a do-ooough-nut!
Life without Jesus is like a do-ough-nut!
There’s a hole in the middle of my soul!

There were other verses, involving other pastries, but we stopped after the first one and cast glances toward Mrs. Margolin to see if we could gain a reprieve. »

[…] » from ZZ Parker, Brownies

J’ai vérifié auprès de filles de ma classe qui sont cheftaines dans des summer camp pour chrétiens, et la chanson existe vraiment.

American anatomy

En Amérique, en même temps que les cupcakes et les jeans taille basse, ils ont inventé un mot exprès pour ça :

Oui oui, cette chair disgracieuse qui rebondit allégrement sur la ceinture de nos jeans taille basse. On appelle ça un muffin top, en référence à la pâtisserie:

Kiss kiss coeur coeur

En anglais, le film de Disney « La belle et le clochard » s’appelle « The Lady and the Tramp« 
Ce qui nous donne donc l’expression américaine: « to lady and the tramp it » (partager un morceau de nourriture avec quelqu’un d’autre, et, par extension, s’embrasser)
Donc, en ces jours de guimauve rose bonbon saint-valentin gros ballons coeurs coeur coeur gnagnagna, je vous dis : « Come on, just Lady and the Tramp it! » (c’est plus classe que « Roulez-vous des pelles à vous en décrocher la langue », non?)

Supermanix

Cet après-midi dans mon cours de creative writing, il s’est passé un truc bizarre.

Le cours se déroule de la manière suivante : nous devons écrire, pour chaque séance, un petit texte de fiction, histoire de se délier les doigts.

Règle du jeu pour celui d’aujourd’hui: un texte court qui suivait le schéma « Ce que tout le monde sait de X / Ce que moi je sais de X ».

Après que j’ai eu fini de lire le mien, il y a eu un silence vaguement gêné puis tout le monde a éclaté de rire.

Je sais pas trop quoi en penser. J’y avais pas tellement réfléchi en l’écrivant mais ça a dû faire un peu bizarre mon histoire de play-boy qui simule ses orgasmes et qui va cacher ses capotes vides aux toilettes. Peut-être qu’on parle pas de sexe en classe, même quand c’est supposé être un atelier créatif? Peut-être que c’était mon accent?  Le prof, me voyant rougir, a juste dit « don’t be shy, don’t be shy », et il avait son petit sourire en coin indéchiffrable (je vais le prendre en photo vous verrez).

L’histoire est là:

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Expérience culturelle 67 – Des crevettes au beurre

Soirée hier à la maison.

copain 1 : « Yeah, I like the chick, but she’s kinda butterface… »

moi : – …?

copain 2 : – Ha ha ha. A BUTTER-FACE. A BUT-HER-FACE. Everything looks good but her face.

moi : – ha ha ha

(traduction : but her face = sauf sa tête)

moi : – En français on dit que c’est une crevette. Parce que tout est bon, sauf la tête.

(laughters)

Comme j’ai rien à dire, je me tais.

Paperasserie et tramités

Parlez-moi encore de visa et je vais vomir.

Je hais les frontières, les décrets et les administrations de tous les pays et leurs réglementations à la con.

Je veux dire : je les haïssais déjà avant, par principe. Mais là je commence à comprendre physiquement le temps qu’on gaspille dans une vie à obtenir des papiers,  à essayer de faire venir légalement son amoureux/se étranger dans son pays, à chercher des moyens de travailler, des stratagèmes pour rester plus longtemps dans le pays que l’on aime, tout ça parce que l’on est né ailleurs.

Pas que je pleure sur mon sort, hein — elle n’a rien de comparable aux milliers de personnes menacées d’expulsion ou de mort dans leur pays d’origine que la France renvoie à coups de charters ou tous ces couples mariés condamnés à vivre à des milliers de kilomètres l’un de l’autre à cause de réglements absurdes.

La mauvaise nouvelle, c’est qu’au terme de trois mois d’efforts pour comprendre les lois américaines de l’immigration, de multiples visites au bureau des étrangers de UNC, JE NE PEUX PAS FAIRE DE STAGE AUX ETATS-UNIS.

Enfin, techniquement, c’est possible. A condition de payer une association un petit millier de dollars pour qu’ils sponsorisent ma demande de visa de stagiaire.

Et puis j’ai aussi appris que c’était mort pour avoir une bourse de l’association Zellidja — il faut passer un oral en France mi-mars.

Mon plan qui était, idéalement : terminer mon année à UNC en mai — faire deux mois de stage dans un journal américain — partir un mois au Chili/en Argentine avec une bourse de l’association Zellidja — rentrer à Paris en septembre — tombe donc à l’eau.

Je cherche des plans B. Toujours cette histoire de carottes en Patagonie.

Pour les étudiants aux Etats-Unis avec un visa F-1 qui souhaitaient faire un stage, les explications détaillées sont là :

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Sors-moi ta sève qu’on voit ce que tu as dans le ventre

Hier, j’ai écrit mon premier texte  pour le cours de Creative Writing.

L’exercice : un texte de 500 mots maximum, utilisant une métaphore filée : “si je suis ceci, alors tu es cela”

Ecrire de la fiction en anglais est une expérience étrange.

C’est comme si je faisais de la calligraphie les yeux bandés, comme si je jouais du piano avec des boules quiès. Mes sens sont brouillés, je trace mes phrases en aveugle.

Dans ma langue, je commence à entendre ce qui sonne juste, je sens comment les mots peuvent s’acoquiner, se mélanger, se désaccorder.

Ce sont mes crayons de couleur, usés et mâchonnés. Ils ont une profondeur et une histoire. Ils traînent des souvenirs personnels, des images et des voix familières… Ce sont les mots de ma sœur, de mon père, de ma mère, ceux des chansons, de  l’école et des journaux.

Au contraire, l’anglais m’est encore insondable. J’y flotte.  Je ne sens pas comment les mots sonnent ensemble. Mes mots anglais n’ont pas de résonance ou de profondeur  – pas encore, je sais, c’est normal, après tout cela ne fait que cinq mois que je suis ici.

Bref, j’étais passablement mal à l’aise quand j’ai donné mon texte à lire à toute la classe — exactement comment si je devais chanter les oreilles bouchées les yeux fermés pour un public qui lui ne les a pas (les oreilles bouchées).

Nous sommes tous en cercle et nous écoutons le professeur Naumoff lire nos textes. Tout le monde meurt de trouille, les gens font semblant de regarder par la fenêtre ou d’examiner leurs ongles quand c’est à leur tour d’être lus. Il y en a eu de très drôles, des élaborés, des un peu attendus (genre, « mon grand-père est un chêne  immense qui ne tombera jamais, il abrite le petit saule que je suis »), des auxquels je n’ai rien compris (le coup des références télévisuelles des années 90, encore…)

Après chaque lecture, tout le monde doit critiquer. Du mien, les autres ont dit que c’était « nicely written » , une fille a dit qu’elle aimait bien l’image des racines qui dansent dans la terre, et Naumoff a dit “I love it. » — mais je le soupçonne de francophilie excessive – vous auriez vu sa tête et ses yeux brillants quand il a vu mon nom sur la liste le premier jour : “You’re French? I love French people!”

Voilà,ce sera probablement le cours le plus difficile et laborieux de toute ma vie, mais je suis très heureuse d’y être. J’ai hâte d’apprendre, hâte que mes oreilles s’ouvrent à cette langue étrange, et très faim d’écrire.

Le texte d’hier est là :

I am the young apple tree among the other trees, and you – a careless gardener.

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Ho-ho-ho-ha-ha-ha — Le Yoga du rire

J’en ai encore mal aux côtes.

Hier soir Clément, Christian et moi sommes allés à une session gratuite de « Laughter Yoga », ou yoga du rire.

Pas qu’on s’emmerde, mais on s’est dit que ça avait l’air drôle – et pour cause.

Pendant une demie-heure, avec un groupe d’une vingtaine de participants, nous avons ri, à nous en exploser la mâchoire.

Dans le lot: une octogénaire lilliputienne bien sympa, un lycéen aux yeux exorbités, un couple cool, quelques dames sans âge, une grosse tatouée, des étudiants, un grand moustachu et l’inerrable gourou du rire Vishwa Prashkar.

C’est lui, là. Il a l’air sympa, hein?

Bon,  au début, on a un peu flippé… What the fuck we’re doing here again?

Mais ça c’est vite détendu, grâce à des exercices ridicules mais efficaces du genre : « Riez comme des chèvres » ou « imitez le rire du lion ».

Tous les participants commencent par se saluer les uns les autres en tapant dans leurs mains et en disant « ho-ho-ho-ha-ha-ha ».

(d’ailleurs, rien que d’y repenser, j’ai mal aux abdos…)

Et puis l’absurdité de la situation faisait que nous n’avions pas besoin de beaucoup nous forcer.

Les plus enthousiastes affirment que le yoga du rire soulage toutes sortes de douleurs, brûle des calories (400 par heure), soigne l’asthme et renforce les protections immunitaires.

Je ne sais pas trop quel crédit leur accorder.

Tout ce que je sais c’est que c’était EXCELLENT, on en est ressorti au moins aussi calmes et heureux qu’après une heure de jogging (ou un orgasme géant).

Ah oui, l’autre truc cool c’est que c’est pas une secte, en tout cas ça ne m’a pas paru religioso-spiritualo vaseux.

Plus d’info ici, et le club du rire à Paris est

Eleanor Ridgby (All the lonely people)

Café clope  très tôt dans la rue, sous la neige qui tombe lentement, comme si le grand barbu effilochait des nuages du bout des doigts.

Il est huit heures du matin, Timothée et Rachel viennent de partir pour l’aéroport. Je voudrais écrire quelque part.

Dehors un homme me parle.

Il est huit heures du matin, l’homme vient juste de rentrer de la pharmacie où il travaille, un peu plus haut sur Broadway. Il est fatigué mais ne veut pas dormir. Il vient d’Afrique du Sud. Un grand sourire gentil, mais ses yeux ne se posent nulle part. Il envie de ne plus être tout seul.

Il fait froid, tu veux aller à Mac Do pour écrire?

D’accord. C’est pas de la drague, c’est pas lourd, une tranche de solitude soupoudrée de désespoir, un bout d’histoire à écouter, et puis j’ai le temps, alors…

Eric est tout seul, comme des millions de gens dans ces villes immenses. A New York comme à Paris, des millions de visages se frottent et se croisent, mais ne se touchent jamais vraiment.

Tracer sa route à coups de coude dans la foule le long des avenues, dans les couloirs du métro, tous ces humains autour de toi, sans que tu n’en connaisses aucun, sans personne à attendre.

Le soir ou le matin une fois fini leur travail, les gens rentrent tous seuls dans leurs appartements vides. Ils ont peut-être échangé quelques phrases pratiques en achetant leur café au Starbucks – un café sans caféine avec du sucre s’il-vous-plaît, il fait froid, bonne journée et merci, croisé le regard par hasard de milliers d’autres inconnus, tripoté leur téléphone portable sans avoir vraiment personne de l’autre côté. Tous seuls.

Eric vit depuis deux ans à New York. Il travaille. Soixante-dix heures par semaine. Quoi d’autre? Il rentre mort de fatigue chez lui, gagne de l’argent qu’il ne dépense pas et dont sa famille n’a pas besoin. Il regarde Ben et Jerry à la télé. Parfois il lit les petites annonces de CraigsList, mais n’écrit pas. Il aime bien les gens à son travail. Ce ne sont pas des amis.

Eric a dormi un petit moment sur la table du Mac Do, et puis il est rentré chez lui.

Des hommes bleus plein les yeux

A 1h20 du matin tout à l’heure, Clément, Rachel, Timothée et moi on faisait la queue dans un cinéma de Broadway pour aller voir Avatar, le dernier film de James Cameron, en 3D ET en I-max.

On en a pris plein la vue

La 3D est d’une précision extraordinaire. James Cameron et son équipe ont créé un bestiaire fabuleux — dragons, insectes, lianes fluorescentes, arbres géants, paysages fantastiques à couper le souffle (grandement inspirés du jeu World of Warcraft selon Timothée)

La technique et la créativité déployée suffisent à faire oublier l’histoire et les dialogues simplistes. En résumé : En 2154, les humains tentent de coloniser la planète Pandora, peuplés de Na’vi, des humanoïdes géants bleus-amis-de-la-forêt. Les humains détruisent la planète Pandora pour s’approprier les fantastiques réserves de *****, qui vaut des milliards de dollars.Mais la planète est sauvé in extremis par un autre humain, qui prend le parti des gentils Na’vi.

Bref, le dernier James Cameron, qu’il a mis 12 ans à réaliser, vaut vraiment le déplacement.

Bon, c’est vrai, plus américain que ce film, c’est pas possible.

Premièrement, de part la taille du projet, les moyens mobilisés (c’est le film le plus cher de toute l’histoire du cinéma) et l’orgie d’effets spéciaux.

Mais aussi dans le schéma narratif: conflit-combat-happy end-les gentils triomphent.

Et enfin, dans les angoisses et les mythes typiquement américains que le film utilise, à la fois anciens: Pocahontas, la culpabilité d’avoir massacré les Indiens, et contemporains: l’angoisse du réchauffement climatique et la guerre en Irak…

Mais bon, allez le voir, c’est absolument fantastique.

A part ça, le poulet aux pruneaux de Noël embaume tout l’appartement. Premier Noël sans les parents.

We all wish you a Merry Christmas.

Panique chez les bisounours

Au supermarché de Carrboro tout à l’heure, plus de lampes de poche, de batteries, ni de boîtes de conserve.

Les écoles ont renvoyé les élèves chez eux plus tôt que prévu.

A la radio locale, la nouvelle tourne en boucle:

Panique à bord! Rentrez chez vous! APOCALYPSE SNOW!

En vrai, il y a 1cm de misérable neige fondue par terre.

Le genre de détail qui me rappelle que je suis dans le Sud… Ca a fait beaucoup rire ma coloc Alex, qui vient du Massachussets (un Etat bien plus au nord, où les blizzards et tempêtes de neige commencent en novembre et finissent en avril…).

Je voulais mettre une photo, mais je vais devoir m’en passer pendant un petit moment, on dirait.

Le bridge que je m’étais payé avec mon premier salaire vient de lâcher ce soir. J’ai appris que je ne pouvais pas garder l’appareil photo réflex que m’avait prêté l’université pour le semestre.

Or, je m’envole pour New York demain après-midi.

Ca m’enrage, NYC et pas d’appareil photo, c’est trop bête.

Et puis sinon, je suis malade, rien de grave mais agaçant, ma gorge gratte et ma tête brûle – bizarrement, ça m’arrive toujours au début des vacances.

have a nice day

Photojournalisme – Projet de fin de semestre

……

Chapel Hill, N.C., October-December 2009

Bêbête

En anglais, on ne dit pas « jouer à saute-mouton ».

On dit « to leapfrog » : jouer à saute-grenouille (…) Ha ha ha.

A part ça, ce soir je squatte chez Christian et son frère Matt, qui partagent une chambre dans un dorm sur le campus, juste à côté de là où je travaille. Oui, parce que j’ai commencé à travailler comme vendeuse au Student Stores, ça va, merci, demain matin je commence à 7h.

Notre âge mental est diminué par trois quand on est ensemble.

Ce post est rédigé avec leur aide.

Ce soir j’ai considérablement amélioré mes capacités linguistiques.

Grâce à eux maintenant je sais qu’ici les chiens disent « roof roof« , les chats « meow meow« , les coqs « cackledoodle doo »,  les moutons « baaa baaaaaa », les vaches « moooo moooo« , les chevaux « neigh neigh » (???) et mon préféré :  les grenouilles disent « ribbit ribbit ».

Merci les gars.

La crise des vampires en Louisiane

Opossums écrasés sur le bord de la route, Ku Klux Klan, exorcismes, gospels, clubs de strip-tease glauques, marécages, maisons coloniales, moiteur, émeutes raciales, baptême évangéliste.

Le générique de la série True Blood condense les clichés du Sud des Etats-Unis en 1minute30:

Ouais, ok, tout ce sang sent un peu le lait caillé, puisque la série True Blood est sortie l’année dernière, n’empêche qu’elle est drôlement addictive, et toutes ces histoires de vampires et de marécages me donnent envie d’un roadtrip en Louisiane. Merci Clément de m’avoir rendu accro.

A propos de vampires, cet extrait de Concordance des Temps, l’émission de Jean-Noël Jeanneney sur France Culture* me gratte la cervelle depuis quelques semaines :

« Claude Lecouteux: Chaque film de vampire reflète peu ou prou les grandes tendances de son époque, que ce soit au niveau mental, religieux ou économique. Quand vous avez des périodes de crise, vous avez des vampires. C’est une sorte d’exutoire […]

Jean-Noël Jeanneney : Oui, bien sûr, le Nosferatu de Murnau (1922) c’est au moment de la première dépression allemande, au moment où l’Europe sort d’une terrible épidémie de grippe espagnole. Après la crise de 1929, on trouve le Dracula de Braunig, puis ensuite on trouve des personnages qui représentent la peur de l’immigrant, c’est clair chez Dreyer, juste avant la montée d’Hitler, etc etc

CM : L’intérêt du vampire notamment au cinéma voire dans la littérature c’est qu’on peut projeter sur lui tous les fantasmes possibles. […] Le vampire c’est le banquier. Puisqu’on est en pleine crise, on peut le dire, le banquier est un suceur de sang.

JNJ : Tout à fait.* Marx notamment emploie l’expression de « suceurs de sang » pour parler des capitalistes. Si vous considérez notre présent immédiat, vous diriez que le vampire sert comme métaphore de telle ou telle oppression que nous imposent les banquiers?»

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Classy burger

Dans la série news inutiles mais réjouissantes, on pouvait lire dans le Orlando Sentinel (Floride) aujourd’hui :  » Un homme de vingt-cinq ans a été arrêté aujourd’hui pour avoir jeté un hamburger à la tête de sa femme alors qu’ils se disputaient.

Selon la police, alors que Daniel Boss et sa femme se disputaient, celle-ci aurait versé du soda sur le hamburger de son mari. Boss a riposté en étalant le hamburger sur le visage de son épouse.

Elle a immédiatement porté plainte au poste de police voisin. Boss a été arrêté trois heures plus tard. »

NB: Ceci n’est PAS l’arme du crime, c’est juste pour faire joli

American humor

The Onion TV fait des parodies de talk-shows télévisés à hurler de rire.

Celui-là est excellent, ça m’a tellement rappellé Sciences Po et ses experts à la noix qui n’y connaissent rien:

In The Know: Situation In Nigeria Seems Pretty Complex

Best of police logs – part 1

C’est la fin du semestre. Il pleut et il fait froid, alors le matin j’ai la flemme d’aller à l’école en vélo. Plus les deadlines s’approchent et moins j’ai envie de sortir de mon lit. Bizarrement ce soir le vent souffle de l’air tiède, assez fort. On dirait un début d’apocalypse.

Heureusement, la première page du Daily Tar Heel est là pour nous régaler de ses « Police Logs ». Ce sont des brèves extraites des rapports de police reçus tous les jours par le journal. Je me jette dessus tous les matins, sûre d’y trouver au moins une anecdote grotesque ou drôle, entre les habituels vols de voiture et de sac à main.

Best of de ces trois derniers mois:

« A dog bit a raccoon who had put its head through a hole in a fence at 10:54 a.m. Thursday, according to Carrboro police reports. The dog’s owner said the pet had current rabies shot. »

(Jeudi à 10h54, un chien a mordu le raton-laveur qui avait passé la tête à travers le trou d’une barrière, selon le rapport de la police de Carrboro. Le propriétaire du chien a dit que celui-ci était à jour de ses vaccins contre la rage.)

« Two people were seen in the woods smoking something at 8.40 a.m. Tuesday at 206 Alta Court, according to Chapel Hill police reports. »

(Deux personnes ont été vues dans les bois en train de fumer quelque chose (!!!) à 8h40 du matin Mardi au 206, Alta Court, selon le rapport de la police de Chapel Hill)

« Somebody reported at 10:01 a.m. Monday that a neighbor at 1100 Arborgate Circle was playing Guitar Hero too loudly, according to Chapel Hill police reports. »

(A 10h01 lundi matin, quelqu’un a appelé la police de Chapel Hill pour signaler qu’un voisin, résidant au 1100 Arborgate Circle, jouait au jeu vidéo Guitar Hero trop fort.)

« Someone stole two pumpkins from a home between noon and 6:20 p.m. Monday at 402 Somerville Road, according to Chapel Hill police reports. The pumpkins were valued at $10, reports state. »

(Quelqu’un a volé deux citrouilles entre midi et 18h20 lundi au 402 Somerville Road, selon le rapport de la police de Chapel Hill. Les citrouilles avaient une valeur de 10 dollars.)

En passant : il est commun de publier les adresses des gens dans les faits divers (pas que dans le Daily Tar Heel, dans les journaux locaux américains en général).

Il est aussi apparemment normal d’appeler la police pour un peu n’importe quoi -un vol de citrouille, un raton-laveur, des gens qui fument « quelque chose » dans les bois…

Party in the USA

Dans le genre parasite musical ultra-résistant, même « Oops I did it again » de Britney Spears et Dragosta Din Tei de Ozone (mais siii, le tube de l’été 2002 ! Allez, tous ensemble : namiya ééé – namiyaa ouu – namiyaaa ha-ha) ne le bat pas.

Ce genre de daube, une fois que ça commencé à te grignoter le tympan, t’es foutue, ça te colonise le cerveau entier et tu peux pas t’en débarrasser avant plusieurs jours.

Aujourd’hui je l’ai entendue à la radio ce matin, deux fois dans la voiture, trois fois à la gym, et re-ce soir à la radio.

J’ai halluciné en voyant le clip à la télé, c’est à se demander si ce n’est pas une commande directe du gouvernement américain.

Le clip, d’abord: 3 min d’American Success. Admirez le close-up sur les santiags+ les grosses voitures.

Le meilleur, c’est quand même grotesque déroulement de bannière étoilée géante au ralenti (avec Miley Cyprus qui se lèche les babines et roule des hanches devant)

Et puis les paroles, apparemment complètement débiles.

C’est l’histoire d’une jolie redneck qui vient de Nashville, Tennessee (=Trouperdu ville sur rivière).
Elle va dans une boîte de nuit à Los Angeles parce qu’elle a envie de devenir célèbre. Elle est perdue et elle a peur avec tous ces gens connus. (« I hopped off the plane at LAX with a dream and my cardigan welcome to the land of fame excess, (woah)
am I gonna fit in? »)

Heureusement « le DJ joue sa chanson préférée, c’est du Britney, yeah yeah yeah »
Du coup elle se fait plein d’amis beaux et jeunes comme elle et « IT’S PARTY IN THE USA, YEAAAAH ! »

Enjoy, et si quelqu’un trouve de quoi tuer le ver d’oreille, faites moi signe!

Easily hired, easily fired

Aujourd’hui, j’ai besoin d’argent.

J’avais vu il y a quelques semaines qu’ils demandaient des bras aux Student’s store (magasin du campus). Ce matin, je me pointe et demande à parler au manager.

– Désolée ma petite, on n’embauche plus pour le rush d’avant Noël. Peut-être plus tard. C’est quoi votre nom?

(grand sourire, effet Pokémon: /on) Victoire. Je suis française.

(yeux qui brillent) Ha booon? J’adoooore la France, j’y ai passé ma lune de miel! On a survolé la Bourgogne en ballon ! Aix-en-Provence! Pariiiiis! Courchevel! Le marathon ! Le vin!

– J’aime beaucoup votre pays aussi.

(silence ; il m’examine plus attentivement)

– Bon écoute Victoire. J’ai pas vraiment besoin de monde en plus, mais tu me plais bien. Allez, t’es embauchée ! Tiens, regarde le planning là, et choisis tes dates. 20h par semaine, ça t’irait?

– Oui ! Whaouh, c’est génial! Merci beaucoup! Mais, euh, vous voulez pas voir mon CV…?

– Pour quoi faire ? Moi tu vois je me base toujours sur la première impression!

– Merci encore, c’est super!

– Repasse demain matin pour signer les papiers, ok? ha, et remplis moi cette feuille et celle-là pour demain. Et tiens, prends ma carte. Ravi de t’avoir rencontré, tu vas voir, on a une super équipe ! Bonne journée Victoaaaar!

Je ressors du student’s store absolument enchantée de la rapidité du processus. Je sais pas combien je vais être payée, probablement au salaire minimum, qui tourne autour de 7 dollars brut = moins de 5 euros net de l’heure. En fait je ne sais même pas en quoi exactement consiste le job.

20h. Je viens de rentrer à la maison.
Tellement contente d’être embauchée aussi vite que j’ai quitté le Student’s Store en laissant tous les papiers que m’a donné le manager ainsi que sa carte sur le comptoir du magasin

MONEY : FAIL.

Du rêve encore

Cette nuit, les dindons rescapés de la grande fête du Merci nous poursuivent avec les os de leurs congénères dévorées en guise de massues.

Des couteaux à la place des becs, ils nous tirent dessus à coup de pommes de terre rôties.

Ce n’est pas du sang qui coule de leurs blessures, mais de la sauce aux airelles. Ils sont des millions, et ils ne s’arrêtent pas de caqueter. Les dindons courent plus vite que nous.

Bon, quatre jours plus tard, le repas n’est toujours pas digéré.
Demandons pardon aux dindons. Voilà la photo :

Et si vous ne connaissez pas l’histoire, elle est là. Je me tais et je laisse Fabienne Sintès raconter (c’est la correspondante d’Inter aux Etats-Unis, blog):

« Tous les ans la veille de Thanksgiving, le président des Etats-Unis, pardonne une Dinde. […] Tous les présidents Américains ont toujours reçu une dinde offerte par un fermier. Il semblerait que George Bush Père soir le premier à avoir décidé d’en épargner une. La gracier, très exactement, du verbe « to pardon », mais je persiste à trouver la traduction en « pardon de la dinde » nettement plus drôle; même si j’imagine que c’est plutôt le président qui devrait demander pardon à cette pauvre Dinde. Quand on sait comment le volatile termine sa vie, on se dit qu’il aurait peut-être préféré passer 6 heures au four accommodé à la purée de patate. La dinde épargnée doit en effet se cogner le défilé de New York avant de finir à Disney Land.

Quoi qu’il en soit, le chef du monde ne peut pas échapper à cette tradition. Vous noterez au passage que la Dinde doit être baptisée. Celle-ci s’appelle « Courage » (il en faut !) ; vous remarquerez aussi qu’une seconde dinde est épargnée au cas où la première désignée aurait un empêchement de dernière minute.

Mardi, le président des Etats-Unis va donner le discours le plus important de sa première année de mandat. Il annoncera sa stratégie pour l’Afghanistan et probablement demandera l’envoi de 30 000 soldats supplémentaires. En attendant aujourd’hui il a donné son premier discours à une dinde.

Dur métier.

Happy Thanksgiving.

Have a nice day. »

Thanks for the Indian Massacre

Thanksgiving raconté aux enfants, ça ressemble à ça:

Les Pèlerins de Plymouth, deux ans après leur arrivée en Amérique, sont à moitié morts de faim. Mais à force d’efforts, de persévérance et d’abnégation, ils réussissent finalement à faire pousser quelque chose sur leur nouvelle Terre Promise. La moisson est tellement bonne qu’ils invitent leurs voisins – quatre-vingts onze Indiens de la tribu des Wampanoag – à un grand festin. Ils remercient le Seigneur, se gavent de courgettes, de citrouille et de gâteau au maïs, prient, dansent et font la paix tous ensemble.

Aujourd’hui, Thanksgiving aux Etats-Unis, c’est d’abord un jour férié, un dîner de famille, et veille de la plus absurde orgie consumériste (Black Friday).

Thanksgiving Day peut se traduire par le Jour de la Gratitude, alors les enfants sont invités à faire des dessins de remerciement, pendant que les adultes achètent des « Thanks Cards » à envoyer à leur patron/grand-mère/amant.

Depuis 1947, le Président des Etats-Unis gracie une dinde, aussi – mais ça c’est pour le pancake de demain.

Bon, et maintenant la même histoire maintenant, en version gore.

Hiver 1609. « Les Pèlerins vivaient dans des trous creusés dans le sol. Leur faim était telle qu’ils en étaient réduits à manger de la chair d’homme et des excréments. Un Indien fut déterré trois jours après sa mort et entièrement dévoré. […] L’un des pèlerins tua sa femme pendant qu’elle dormait, la coupa en morceaux et la mangea toute entière, en laissant la tête. » (traduit des Journals of the House of Burgesses of Virginia, document de 1619 chroniquant les 12 premières années d’existence de Jamestown, ok c’est pas Plymouth mais ils devaient mourir de faim tout pareil)

Effectivement les Plymouthiens vivent plus ou moins en bonne entente avec leurs voisins les Wampanoag pendant une petite soixantaine d’années. Mais de plus en plus de pèlerins arrivent, et volent peu à peu la terre des Indiens.

En 1675, c’est la guerre, la « King Philip’s War ».

1 an, e 600 morts côté colons et 3000 côté Indiens. Villages d’Indiens massacrés, tribus entières décimées, récoltes brûlées. Les rescapés fuirent vers le nord et vers l’ouest, laissant la terre libre pour les colons.

(sources : The Britannica Encyclopedia + Howard Zinn – A People History of the United States)

Quarante-cinq millions de dindes tuées cette semaine

… dont deux finissent d’être broyées dans les 22 estomacs des personnes présentes au dîner tout à l’heure.

Je devais normalement passer les vacances de Thanksgiving chez Corban, mais ça a vite tourné au cauchemar — détails à venir.

J’ai donc appelé mon copain Christian pour qu’il vienne me sauver. Sa Ford festiva toute pourrie a soudainement pris des allures de vaisseau spatial, bravant vaillamment les lourdes grilles en fer forgé de la propriété des Davis.

Du coup, à la place, j’ai fêté mon premier Thanksgiving dans la famille de Christian- huits frères et soeurs, parents, grands-parents, oncles, tantes, rejetons divers, neveux nièces bébés et inconnus de passage, 22 personnes en tout.

Il est 2h30 du matin, je peux pas dormir tellement j’ai mangé. Gavage en continu de 16h de l’après-midi à 22h tout à l’heure, comme Noël en France, sauf que, ne l’oublions pas, everything is bigger in America, alors on mange plus et plus longtemps.

Sauce aux airelles, purée de pommes de terre, marrons et raisincs secs, patates douces, sans oublier les deux dindes et les multiples gâteaux et tourtes et tartes à la citrouille, à la pomme, aux noix de pécan, au miel, à tout ce qui est gras et sucré et bon, le tout arrosé d’une triple couche de crème Chantilly. Et des chocolats au cas où vous auriez encore un petit creux. Et trois grosses douzaines de bouteilles de vin/whisky/bière pour faire passer le tout.

Avant de manger tout ça, la famille de Christian a dit les grâces. Bon, après tout pourquoi pas. Tout le monde en cercle s’est tenu les mains (oui oui, y compris moi et mon irrepressible envie d’exploser de rire/de me barrer en courant) et fermé les yeux pendant que l’oncle remerciait Dieu pour Ses Bienfaits divers et variés (l’amour, les cuisiniers, la vie, les gens, et les dindes, donc.)

A propos de grâces et de dinde, la dernière campagne de la PETA (association de protection des animaux) a été interdite de télévision – sans blague.

‘Grace’: PETA’s Thanksgiving ad

Paramour

En est-il des paramours comme des paravents, des parachutes et des parapluies ?

A paramour pare contre l’amour ?

En vrai, en anglais, ça veut dire amant, maîtresse. Amour illicite. Relation adultérine.

Ca s’utilise en verbe, en nom, en adverbe, mais c’est quelque peu archaïque.

Tout à l’heure, j’ai essayé de dire my paramour, à Corban-ma-coloc, pour voir si ça marchait.

Elle a compris « my power mower » (tondeuse à gazon).

Words : FAIL.

Introduction à la civilisation française – Les élevages de grenouilles

(tout à l’heure, pause clope sous le drapeau américain)

Victory, il n’y a rien qui te manque, de France?

moi : – ben… (regard gêné)… mes grenouilles.

WHAT? Is that true? Vous mangez vraiment des grenouilles?

– Evidemment! Vous pensiez que c’était une légende, ou quoi? Vous savez, les clichés sont souvent vrais : le camembert, les bérets, les t-shirts rayés et les cigarettes, la Tour Eiffel, this is for real. Elever des grenouilles, c’est quelque chose de très populaire, dans mon pays.

[regards perplexes voire dubitatifs –  « She’s kidding/This is an hoax » (canular)]

– Vous ne me croyez pas? La viande est extrêmement chère en France, à cause des syndicats agricoles qui maintiennent les revenus des paysans à des niveaux ahurissants. Il reste beaucoup de communistes, dans mon pays.

– C’est vrai, votre économie est très contrôlée par l’Etat…

– Exactement. Par exemple, imaginez vous qu’à Paris, un hamburger coûte le quadruple de son prix américain, sans même prendre en compte le taux de change. C’est à cause du bifteck. La viande de boeuf y est très chère, à peu près comme le caviar, ici.

– Wouah.

– Tenez, un autre exemple : en France, MacDonald, c’est quasiment un restaurant haut-de-gamme. Je suis de la classe moyenne, et avec ma famille, nous y allons une fois par an, à Noël. Et si j’ai de la chance, pour mon anniversaire. Pour les grandes occasions, nous achetons parfois un peu de blanc de poulet. Alors vous imaginez comme je suis heureuse de vivre ici!

Le reste du temps, nous mangeons les grenouilles que nous élevons.

– Ok… c’est marrant qu’on en ait jamais entendu parler. Mais tu ne vivais pas en appartement, à Paris?

– Si, mais justement, c’est ça qui est génial, avec les grenouilles. On peut les élever partout. Elles sont très résistantes, ne tombent jamais malade, ont besoin de très peu pour vivre. Et puis c’est tellement bon!

( répriment leurs expressions dégoûtées)

– Dans n’importe quel supermarché français, on trouve des kits d’élevage de grenouilles. Pour environ 5 dollars, vous pouvez avoir une sorte de mini-piscine réfrigérée avec des plantes et des nénuphars nains, et un petit sac de tétards vivants.

Really?

– C’est une tradition qui remonte à la première guerre mondiale. Les gens mouraient de faim, particulièrement dans les villes. Ils ont fouillé les égoûts, mangé les rats, les chiens, les chats, les pigeons ; puis quelques uns ont eu l’idée d’essayer les grenouilles. Pour s’épargner de longs et coûteux trajets à la campagne, certains ont commencé à les élever dans les cours des immeubles, ou dans leurs cuisines. La famille de mes grands-parents le faisait depuis longtemps déjà, à la campagne.

– …

– Franchement, vous devriez essayer. Les grenouilles sont une source de protéines abondante, économique et très peu calorique. C’est pour ça que les françaises sont si minces.

Vous avez quand même entendu parler des escargots ? Mais ça, c’est plus dans le sud de la France…

[to be continued]

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Wistfully

Un autre joli mot, qui n’a pas de traduction exacte en français.

Wistful et wistfully

Par exemple. Regarder par la fenêtre un jour de pluie de l’autre côté de l’océan, vouloir un petit café en terrasse, se demander ce que font les gens qui nous manquent à cet instant précis.

Se demander si on leur manque aussi, en douter, et avoir peur de rentrer.

Tout ça en anglais ça se dit « wistfully ».

Un mélange entre « rêveusement » , « mélancoliquement » et « nostalgiquement » (?)

Une nuit en prison pour une bataille de petits pois à la cantine

25 élèves, âgés de 11 à 15 ans,ont été arrêtés et mis en prison à Chicago.

Fusillade? Vol en bande organisée? Racket ?

Non.

Bataille de petits pois à la cantine.

Jeudi dernier, à la cantine de la Calumet Middle School, un gamin jette une pomme sur la tête de son voisin. Les autres enchaînent avec des cookies, des oranges. En quelques minutes, c’est bataille générale de nourriture, une scène banale dans tous les cantines du monde.

Se sentant débordé, un policier du campus demande du renfort.

Deux douzaines d’élèves sont menottés, embarqués, leurs empreintes digitales et leurs photos prises.

Les 25 élèves ont été libérés dans la nuit, visiblement choqués.

Ils devront se présenter au tribunal avant la fin du mois, où ils écoperont probablement d’heures de service général.

Is that America?

http://www.nytimes.com/2009/11/11/us/11foodfight.html

« No Shave November » – L’invasion des yétis

Ce matin dans le Daily Tar Heel, le portrait de l’un des participants du « No Shave November » (« on ne se rase pas en novembre »).

Pendant tout le mois de novembre, Mike Amato, étudiant en deuxième année, a promis de ne pas se raser la barbe .

Cela fait deux ans qu’il participe à l’évènement, ainsi qu’au « Febru-hairy » et « Mustache March » (Février chevelu et la Moustache de Mars (?))

« Participer à un tel évènement demande beaucoup de courage, une bonne technique, et certainement beaucoup de testostérone ! », a témoigné Mike Amato.

Le Daily Tar Heel publiera une chronique hebdomadaire sur les progrès de la barbe de Mike.

J’ai hâte.

L’article est là : No Shave November Begins

Serendipitous

Vous avez terriblement envie d’un café, mais il vous manque 20 centimes. Quelques pas plus loin, vous trouvez une pièce par terre.

Vous êtes assise dans le métro, un beau gosse vous sourit.

Juste au moment où vous pensez à une personne que vous n’avez pas vue depuis longtemps, vous la croisez dans la rue.

Vous regardez le soleil faire des paillettes dans l’océan.

En anglais, ce genre de moments a son adjectif : SERENDIPITOUS

= « un moment/une rencontre heureuse, inattendue, simple, qui tombe à point »

Tout ça en un adjectif.

Il peut y avoir des moments serendipitous, des rencontres serendipitous , des occasions serendipitous.

SERENDIPITOUSSERENDIPITOUSSERENDIPITOUSSERENDIPITOUSSERENDIPITOUSSERENDIPITOUSSERENDIPITOUSSERENDIPITOUS

SERENDIPITOUSSERENDIPITOUSSERENDIPITOUSSERENDIPITOUSSERENDIPITOUSSERENDIPITOUSSERENDIPITOUS

SERENDIPITOUSSERENDIPITOUSSERENDIPITOUSSERENDIPITOUSSERENDIPITOUSSERENDIPITOUS

SERENDIPITOUSSERENDIPITOUSSERENDIPITOUSSERENDIPITOUSSERENDIPITOUS

J’adore ce mot. On dirait une formule magique.

SERENDIPITY existe aussi.

Le dictionnaire le traduit par « heureux hasard, chance dans les découvertes« 

Grenouilles du Berry, bisous de Californie

Sujet de mon midterm paper de littérature :

Inspirez-vous de l’une des photographies de l’exposition du Ackland Museum pour écrire votre propre histoire californienne.

Dorothea Lange - Heading toward LA

« Heading Towards L.A. », prise par Dorothea Lange en 1937.

Et voilà mon histoire –

Lire la suite

Nazi parade C21 remix

Cette nuit, toutes les cuisses de dinde qui n’avaient pas été mangées hier à la fête foraine défilaient au pas de l’oie sur les Champs Elysées.

Aerostress

Ce mois-ci, la doucheuse atomique Megan Fox fait la couverture de Rolling Stone. Extrait :

Megan Fox happily elaborates on why she likes to listen to Britney Spears on her i-pod while flying:

« Flying really freaks me out, but I know that it’s not my destiny to die while listening to Britney Spears »

(« Megan Fox explique volontiers pourquoi elle aime écouter Britney Spears quand elle prend l’avion : « Prendre l’avion me fait vraiment peur, mais je sais que ce n’est pas mon destin de mourir en écoutant Britney Spears »)