Archives de Catégorie: New York City

New York encore — après c’est promis je regarde droit devant

Harlem Carnaval — New York

Le 6 janvier, faute de galette des rois, nous sommes allés au carnaval de Harlem.

Ce vieux tout fou dansait au milieu des enfants et des marchands de barbapapa, dans le soleil du matin. Il tenait un chien dans ses bras, peint de toutes les couleurs.

Les rois mages en carton défilaient avec les enfants et les jongleurs.

Sur le côté, entre la police et les chars, un improbable bonhomme sur son vélo diffusait des comptines portoricaines.

Ho-ho-ho-ha-ha-ha — Le Yoga du rire

J’en ai encore mal aux côtes.

Hier soir Clément, Christian et moi sommes allés à une session gratuite de « Laughter Yoga », ou yoga du rire.

Pas qu’on s’emmerde, mais on s’est dit que ça avait l’air drôle – et pour cause.

Pendant une demie-heure, avec un groupe d’une vingtaine de participants, nous avons ri, à nous en exploser la mâchoire.

Dans le lot: une octogénaire lilliputienne bien sympa, un lycéen aux yeux exorbités, un couple cool, quelques dames sans âge, une grosse tatouée, des étudiants, un grand moustachu et l’inerrable gourou du rire Vishwa Prashkar.

C’est lui, là. Il a l’air sympa, hein?

Bon,  au début, on a un peu flippé… What the fuck we’re doing here again?

Mais ça c’est vite détendu, grâce à des exercices ridicules mais efficaces du genre : « Riez comme des chèvres » ou « imitez le rire du lion ».

Tous les participants commencent par se saluer les uns les autres en tapant dans leurs mains et en disant « ho-ho-ho-ha-ha-ha ».

(d’ailleurs, rien que d’y repenser, j’ai mal aux abdos…)

Et puis l’absurdité de la situation faisait que nous n’avions pas besoin de beaucoup nous forcer.

Les plus enthousiastes affirment que le yoga du rire soulage toutes sortes de douleurs, brûle des calories (400 par heure), soigne l’asthme et renforce les protections immunitaires.

Je ne sais pas trop quel crédit leur accorder.

Tout ce que je sais c’est que c’était EXCELLENT, on en est ressorti au moins aussi calmes et heureux qu’après une heure de jogging (ou un orgasme géant).

Ah oui, l’autre truc cool c’est que c’est pas une secte, en tout cas ça ne m’a pas paru religioso-spiritualo vaseux.

Plus d’info ici, et le club du rire à Paris est

Doggy style

Au fast-food new yorkais Shake Shack, un double cheeseburger, c’est 6 dollars 75.
Vous pouvez aussi acheter une gâterie pour votre chien : crème anglaise, beurre de cacahuète et biscuit.

A Central Park les chiens se promènent en doudoune colorée. Parfois l’humain au bout de la laisse a un manteau assorti.

Dans le métro new-yorkais habitent des femmes et des hommes abîmés. Ils demandent un dollar ou deux, traînent leurs pieds gonflés dans leurs chaussures trouées. Ils disent « God bless you and your family » et passent d’un wagon à l’autre répéter leur histoire. Nous faisons semblant de ne pas les voir.

Randommmm

– 15°C encore aujourd’hui. On s’est baladés avec Christian, Clément et ses copains américains dans Brooklyn.

Du coup, on a revu cet improbable magasin de surf. Île colorée perdue au milieu de grises usines désaffectées, the Mollusk Surf Shop est, selon son propriétaire, très populaire chez les japonais (?):

Eleanor Ridgby (All the lonely people)

Café clope  très tôt dans la rue, sous la neige qui tombe lentement, comme si le grand barbu effilochait des nuages du bout des doigts.

Il est huit heures du matin, Timothée et Rachel viennent de partir pour l’aéroport. Je voudrais écrire quelque part.

Dehors un homme me parle.

Il est huit heures du matin, l’homme vient juste de rentrer de la pharmacie où il travaille, un peu plus haut sur Broadway. Il est fatigué mais ne veut pas dormir. Il vient d’Afrique du Sud. Un grand sourire gentil, mais ses yeux ne se posent nulle part. Il envie de ne plus être tout seul.

Il fait froid, tu veux aller à Mac Do pour écrire?

D’accord. C’est pas de la drague, c’est pas lourd, une tranche de solitude soupoudrée de désespoir, un bout d’histoire à écouter, et puis j’ai le temps, alors…

Eric est tout seul, comme des millions de gens dans ces villes immenses. A New York comme à Paris, des millions de visages se frottent et se croisent, mais ne se touchent jamais vraiment.

Tracer sa route à coups de coude dans la foule le long des avenues, dans les couloirs du métro, tous ces humains autour de toi, sans que tu n’en connaisses aucun, sans personne à attendre.

Le soir ou le matin une fois fini leur travail, les gens rentrent tous seuls dans leurs appartements vides. Ils ont peut-être échangé quelques phrases pratiques en achetant leur café au Starbucks – un café sans caféine avec du sucre s’il-vous-plaît, il fait froid, bonne journée et merci, croisé le regard par hasard de milliers d’autres inconnus, tripoté leur téléphone portable sans avoir vraiment personne de l’autre côté. Tous seuls.

Eric vit depuis deux ans à New York. Il travaille. Soixante-dix heures par semaine. Quoi d’autre? Il rentre mort de fatigue chez lui, gagne de l’argent qu’il ne dépense pas et dont sa famille n’a pas besoin. Il regarde Ben et Jerry à la télé. Parfois il lit les petites annonces de CraigsList, mais n’écrit pas. Il aime bien les gens à son travail. Ce ne sont pas des amis.

Eric a dormi un petit moment sur la table du Mac Do, et puis il est rentré chez lui.

Current condition in New York, NY : 17°

On voulait se promener dans Greenwich village mais en fait non.

Dehors il fait -9°, je suis au lit avec Angela Davis — son autobiographie et des gavottes aux chocolat (merci Maman).

Dumbo

Minuit et demi ici, une partie de notre machine a mystérieusement disparu du lavomatic.

Trou dans le tambour? Mini-lutins voleurs de strings? Maintenant on a l’air con sans chaussettes et sans draps.

A la Neue Gallerie ce matin, restés la bouche ouverte devant les dessins de Kubin – début du 20ème siècle mais plein de monstres contemporains. Du difforme, du fantastique, comme ça :

et on s’en est aussi mis plein les yeux, des tableaux de Klimt et les esquisses de Schiele et tous leurs copains autrichiens torturés.

Traversée de Brooklyn Bridge en allant sur Manhattan, le vent glacé lessivait nos cervelles barbouillées de chocolats

NYC Jour 6

A New York City il pleut. Ca veut dire qu’il fait moins froid.

En six mots : un musée, un bar, la pluie, un sex-shop, métro, cupcakes.

Urs Fischer au New Museum.

des masses d’aluminium sur le sol en béton ou des nuages en cire fondue.
Escalier
Concombre et carottes pourries sur le pas de porte
Une langue sort d’un mur en carton. Un papillon sur un croissant rassis suspendu au plafond. Il est interdit d’écrire dans le musée, mademoiselle.
Ascenseur
Des photos de céréales d’escarpins de jouets en plastique une poire moisie magnifiées collées sur des cubes miroirs. Nos visages se fondent dans un gruyère géant, des vieilles baskets, king kong en plastique en haut de l’empire state building.

Le vent renverse les parapluies, je ressemble à un chien mouillé dans ma veste en faux poils, mascara fondu sous les paupières et baskets dorées. Bonne journée

Meatpacking district

Comme les parents ne sont pas là, on fera Noël au moins jusqu’à la mi-janvier.

Aujourd’hui, entre les cadeaux (entre autres : Rachel a eu un homme en plastique qui double de volume dans l’eau (« grow a boyfriend »), Clément des fringues, Timothée trois kilos de bonbons et un slip Superman, moi de l’huile prodigieuse de Nuxe) et la demi-bouteille de champagne, on s’est baladé à la tombée de la nuit ans le Meatpacking District.

New York-Berlin pas si loin. Du fer de la brique du verre des affiches à moitié arrachées, jungle urbaine au stade de gentrification avancé.

Le pont de l’High Line Park se jette entre les immeubles de hauteurs inégales.

Charlie Chaplin en noir et blanc est collé contre un mur en brique, entre des affiches pour le concert passé d’un groupe d’avant-garde et le fard à paupières bleues de Marilyn Monroe. On a jeté nos mégots devant les hôtels contemporains ultra-chics, tours de métal et de verre, aux rooftops spectaculaires. High Line Park avec ses bancs en bois coulés dans le trottoir, ses plantes à moitié sauvages, ses barrières au-dessus de l’Hudson River.

Des lumières multicolores allument les galeries en fer forgé qui enjambent la rue.

Plus loin, au bord de l’eau, un immense building entre le cube et la pyramide, qu’on dirait fait de plastique blanc, tout transparent. Les immeubles les trottoirs et les routes s’enchevêtrent dans une apparente anarchie, finalement assez travaillée.

On s’endort la bouche pleine des chocolats Leonidas envoyés par ma grand-mère (merci Mamoune), du bon vin rouge de Chinon et du risotto aux cèpes cuisiné par Clément.

New York City day 1

– splotch

Evite les flaques de neige fondue qui se déguisent en goudron

La grande bibliothèque municipale

Un chocolat chaud au marshmallow

Le soleil sur l’or du Bryant Park Hotel

Le plafond turquoise de la gare centrale

Des montagnes de framboise et de morceaux d’ananas

Sapin de Noël du Rockfeller center

18 miles de livres à la librairie Strand, Broadway and 12th Street

Ravis.

(Un poireau se dit a leek)

Un pancake carbonisé

Salut! Pas de pancake matinal aujourd’hui, problème de connection, complications technologiques.

Je suis arrivée hier soir à New York, en pleine tempête de neige. Trente centimètres étaient tombés ce matin.

Photo: Damon Winter pour le New York Times

Heureusement, grâce à mes nouveaux poils synthétiques, je n’ai pas froid. (Adrian, ma coloc, m’a prêté une veste en fourrure noire)

Le cop porn de Williamsburg

Suite de la soirée à Williamsburg… Les poulets-bites

Williamsburg Dickchicken

Il y avait une annonce pour un vernissage dans le journal, précisant « boissons et snacks gratuits ». Clément et moi, on a toujours faim et soif, donc on y est allés. Ben on a bien rigolé.

Toute l’expo tournait autour du seul concept de « Dickchicken » : des poulets avec une bite à la place de la tête, donc.

Il y en avait peints dans la montée d’escalier, imprimés sur des cartons, sur des dessins, des peintures, des affiches (300 dollars la peinture).

Distribution de pop corn dans des sacs en papier imprimés « cop porn » (« Pornographie de flic »)

Dickchicken party

Au milieu du DJ blasé et des branchouilles, une vraie poule qui picorait du maïs grillé.

Deux trois vodka-pêche-menthe plus tard, on est repartis manger des bagels au cheddar cheese cream.

Crapahutage, part 56

Map freak

Des rues où l’on entend le vent passer à travers les fenêtres cassées des usines désaffectées.
Un magasin de surf, peint de toutes les couleurs, au milieu de la zone industrielle.

Ce bar fantastique, dans un ancien hangar, où on a bu un hot cider au whiskey pour se réchauffer, en écoutant « Lust for Life » de Iggy Pop.

Restés sans voix le long du fleuve, vu les grattes-ciels de Manhattan dans l’horizon gris, avec les oies et cet homme qui pêchait avec un petit garçon au manteau rouge.

Loosey-goosey

The Dark Side of The Moon

He's like a rainbow

Williamsburg, dans Brooklyn, fait penser à Prenzlauerberg, à Berlin Est.
Même bars,  même faune, le genre cheveux dans les yeux, vernis écaillé et dégaine savamment négligée.

Rues de bars à brunchs avec des bougies qui sentent bons.
Entre les bars, des bouches peintes en rouges et des bottes vintages, des peintures, des mégots, des magasins de fripes super cool où une veste te coûte un bras. Des librairies cosy et des magasins de vinyles.

On y a crapahuté toute la journée sous le crachin, Clément satisfaisant son amour des pâtisseries américaines, moi mes envies démesurées de fringues.

Après des hamburgers recouverts d’une crème rose, une minuscule galerie d’art avec l’arc en ciel des Pink Floyd peint sur les murs noirs, et un phonogaphe géant.

The Dark Side of the Moon

20091024_FallbreakNYC003

Salad bowl

Il suffit de quelques stations de métro.

Montez dans le train pour Brooklyn, descendez à Greenpoint.
Boum, vous êtes en plein quartier polonais.

Il y a des boulangeries, des églises, des supermarchés polonais, des vendeurs de mots-croisés en polonais. Des vieux et des vieilles polonais-e-s descendent la rue et conversent tranquillement dans cette langue inconnue…

Quelques blocks plus loin, tout change.
Le temps de traverser le parc et on débarque à Williamsburg, au paradis des hippies, des bobos cools et des babas branchouille*.

* d’ailleurs c’est la grosse blague, l’été dernier a été filmé à Williamsburg les « Hipsters olympics« , pour médailler le champion en coolitude. C’est là :

Des i-phones farcis au M&M’s

Parce qu’on s’est gourés de métro, on s’est retrouvés à Times Square alors qu’on cherchait à l’éviter.

Times Square, c’est juste fou. Ça n’a aucun sens. Ça file la nausée. C’est fascinant.

Vous ne verrez jamais autant d’écrans et de lumières de votre vie. Les écrans géants ont avalé les immeubles, et recrachent en continu des pubs et les cours de la bourse, des centaines de M&Ms dans des tubes en plastique et des images d’I-phone, de chaussures, de campagnes contre la faim dans le monde, et les derniers résultats du football.

Simultanéité épuisante d’informations absurdes.

Et on continue à marcher, hypnotisés, au milieu des autres papillons, ivres de lumière, yeux explosés, cerveau gavé.

Avant ça, il y a eu : Soho, un menu « spéciale crise » à 4 dollars les deux hot-dogs et le jus de papaye, dans East Village, un concert de jazz au bar 55, un homme qui marche avec un chat assis sur sa tête, et un autre qui nous a demandé un dollar pour s’acheter du lait, en agitant une boîte qui semblait être de la nourriture pour gorille (?).

Voilà c’qu’il y a d’meilleur au monde

Retrouver Clément… Tellement bon et simple de le voir. Comme si on avait pris un café la veille.

On s’est goinfrés comme des gorets dans un très bon resto cubain avant de filer à la fac parce qu’il avait du taf – Clément a toujours du travail à faire, ou plutôt, lui ne fait pas semblant d’oublier qu’il a du travail à faire, c’est pour ça qu’il est bon.

Le campus de sa fac, Columbia, est fabuleux.

Grand parc, très urbain, cool et vénérable. Des bibliothèques gigantesques, des arches en fer forgé posées au milieu de nulle part, une drôle d’église, sous laquelle sont donnés des concerts gratuits tous les vendredis et les samedis, avec bière pas chère et bons groupes.

J’ai convaincu Clément de ne rester que jusqu’à 1h30 du matin à la bibliothèque.

Entre temps, festin de cupcakes géants ensevelis sous le butter frosting – glaçage pur beurre pur sucre décoré de copeaux multicolores, qui fondent sur la langue en grosses bouchées moelleuses… Clément est obsédé par les cupcakes. Workaholic et cupcakolic.

Oreo Cupcake

« Les cloques de peinture sur les murs ont parfois la couleur des sons que tu bois… » — Téléphone, New York avec toi

Je suis arrivée hier soir à New York.

Qu’est ce que je peux dire qui ne soit pas bêtement cliché? Je reste sans mots.

C’est magique, magique, magique…

Dans l’avion, juste avant d’atterrir, j’ai vu les gratte-ciels de Manhattan se faire dorer dans la lumière du crépuscule, la ville entière plonger dans les eaux oranges de l’Hudson river. Putain, qu’est ce que c’était beau. Je suis folle amoureuse.

Un jour, c’est promis, je vais habiter ici, au milieu du bruit, des gens pressés et des escaliers en fer qui dégringolent le long des façades en brique.