Archives de Catégorie: photo

Où on fait des photos

… aucun rapport avec les Etats-Unis, ni avec le campus, ni avec le journal. C’est juste qu’hier j’ai pris des photos genre studio de mon copain Denver pour le devoir à rendre en cours de photo-journalisme. C’était marrant, j’avais monté les lumières et tout le bazar dans le salon, il a fait son crâneur en écoutant du David Bowie, on a bu de la bière et je lui ai fait des bisous au rouge à lèvres sur les joues (pour qu’il crâne encore plus, mais finalement j’ai tout mis en noir et blanc parce qu’on aurait dit qu’il avait été battu par des groupies en furie)

Sinon envoyez moi d’urgence des carottes et des poireaux, des pommes ou n’importe quoi qui ne contienne ni sucre, ni graisse, ni beurre de cacahuète, ça fait trois semaines que j’en ai pas mangé et que je me nourris alternativement de pizza hawaïenne, de burrito ou de BigMac.

Je m’intègre, quoi.

c’était monnombril.com, une information supportée par WordPress

De l’avenir du grand reportage et des organisations caritatives

Trêve de pâtisseries et de ratons-laveurs.

Ca fait quelques jours que ça ne veut pas sortir de ma tête, ce que j’ai vu et entendu ce soir-là. Je tente de mettre le doigt sur ce qui m’a mis tellement en colère.

C’était avant-hier, à l’école de journalisme de UNC :  rencontre avec Brian Storm, directeur de la société de production MediaStorm, spécialisée dans le journalisme multimédia et les documentaires.

Dans un secteur médiatique en crise, MediaStorm s’en sort très, très bien. « On gagne des tonnes d’argent, » a répété Brian Storm. MediaStorm est présent sur tous les réseaux sociaux et sur toutes les plate-formes médiatiques – journaux, sites internet, I-phone, iTunes, télévision numérique, DVDs, édition.

J’aimerais vraiment bien que vous regardiez cette vidéo — pas besoin de la regarder en entier, cinq minutes suffisent pour comprendre :

http://www.mediastorm.org/0024.htm

Il s’agit d’un reportage sur les enfants nés de viols commis lors de la guerre au Rwanda, en 1991, sur leurs mères, et sur leurs relations.

Avant-hier, les élèves et les professeurs de l’école de journalisme de UNC ont écouté Brian Storm avec une extrême attention. Le silence dans la salle était quasi-religieux.

Pour eux, pour mes profs, vous avez devant vos yeux « l’avenir du journalisme ».

Je voudrais vraiment avoir votre avis :

Qu’en pensez-vous? D’un point de vue journalistique, moral, esthétique?

Est ce que cela vous donne envie de donner de l’argent? Est-ce que vous auriez envie de voir plus de reportages comme celui-ci à la télévision?

(Pendant ce temps là, je prépare mes arguments. Ca me prend plus de temps de prévu, parce que plus j’écris, plus ça s’embrouille.)

Branche le courant

Ryan Schude a des drôles d’idées. Des fruits pourris, des poissons morts dans des intérieurs immaculés, du ketchup, des enfants pas sages, des campings apocalyptiques.

Ce sont des images que l’on n’oublie pas facilement.

Elles sont là : http://ryanschude.com/

Je n’ai pas de talent

photo: Travis Drove

« Je n’ai jamais pensé que j’avais le moindre talent en photographie, mais j’essaye quand même, » nous a dit Travis Drove, lors de la rencontre mensuelle organisée par l’école de journalisme entre un photographe et les étudiants.

Quand tu entends ça alors que depuis une demie-heure défilent sur l’écran ses photographies, toutes plus incroyables et originales les unes que les autres et qu’il a publié un reportage dans National Geographic, t’as envie de lui dire : oh mon gars faut pas pousser, la modestie ça va cinq minutes mais bon…

Mais il est sincère, Travis Drove : en personne, comme dans ses photographies. Il a l’air de se demander ce qu’il fait là, à présenter son travail aux étudiants de UNC. Il a tout juste la trentaine, une bonne bouille.

Le photojournalisme n’est pas mort. Il y aura toujours des univers fous à explorer, des nouveaux mondes à comprendre, des choses merveilleuses à montrer.

Tous les reportages de Travis Dove sont ici : http://www.travisdove.com/

… dont un sur une communauté de skateurs punks du Midwest (dont la photo ci-dessus est extraite) et le résultat de ses 10 semaines de travail avec les moines du mont Athos en Grèce.

Choc photographique

Tout à l’heure, en travaillant pour mon cours de photojournalisme, je suis tombée sur ça:

N’est-ce pas GENIAL? de la photographie politique

Les photographies sont extraites d’un travail d’Olivier Culmann: « Une vie de poulet ».

Une vie de poulet. Des vrais poulets et des soldats. Même destin.

Ca m’a retourné. Tout ce qu’il a fait est génial, mais celui-là…

Je me permets de reproduire son texte, ici:

« C’est une ligne droite dont ils ne peuvent dévier. Poulets et appelés la suivent inexorablement. L’écho était si troublant entre ces deux reportages, réalisés à deux ans d’intervalle, qu’il fallait les rapprocher. L’un, sur l’industrie du poulet, réalisé en 1998, répondait à l’autre, sur les derniers appelés du contingent, en 1996, quelques mois avant la fin du service militaire obligatoire. Le dialogue entre ces deux séries d’images n’était pas programmé. L’envie constante de m’approcher au plus près de mondes qui, a priori, m’ennuient et me fascinent, m’effraient et me révoltent, m’avait pourtant attiré vers ces deux univers, conditionnés à l’extrême.

Accrochés par les pattes, saignés, plumés à une vitesse vertigineuse, les volatiles destinés à finir sous cellophane dans un rayon frais de supermarché sont une image troublante de l’accélération folle, écervelée, de notre monde consommable et consumériste. Les immuables étapes de la vie d’appelé, l’invariable rituel de leur quotidien sous les ordres ressemblent étrangement à ce non choix du volatile, à cette annulation du libre-arbitre qui préside au destin d’un poulet industriel et à l’expérience de soldat.

À la caserne et sur la chaîne, le processus de conditionnement confine à l’absurde, jusqu’à faire sourire devant le dérisoire spectacle de ces vies de poulets. »

Tout est dit.

Son travail est là : http://www.tendancefloue.net/ouverture_fr.html

(cliquez sur photographe–>Olivier Culmann–> Une vie de poulet)

Et on peut trouver son livre  ici

… il a aussi fait des travaux fabuleux sur la télévision, les Etats-Unis, les villes disparues… on peut les voir sur tendance floue.net

Harlem Carnaval — New York

Le 6 janvier, faute de galette des rois, nous sommes allés au carnaval de Harlem.

Ce vieux tout fou dansait au milieu des enfants et des marchands de barbapapa, dans le soleil du matin. Il tenait un chien dans ses bras, peint de toutes les couleurs.

Les rois mages en carton défilaient avec les enfants et les jongleurs.

Sur le côté, entre la police et les chars, un improbable bonhomme sur son vélo diffusait des comptines portoricaines.

Photojournalisme suite et fin

Reçu ma note finale en cours de photo: B-, et un A- pour le projet de fin de semestre.

En vrac :

– Miles from Maybe, le site de mon prof, Chad A. Stevens — regardez la section « Essays and stories », ses reportages sont impressionnants:

http://www.milesfrommaybe.com/?page_id=73

– une des plus belles photos qui aient été prises dans le cadre du cours, elle est de Jessica Crabill :

Vrac 2 : je serai à New York jusqu’au 9 janvier. Présentement chez Clément, avec ma meilleure amie Rachel et mon petit frère Timothée, qui sont venus passer leurs vacances ici — première fois aux Etats-Unis.

Photojournalisme – suite

Un autre photoreportage de fin de semestre que j’ai beaucoup aimé, celui de Ryan Greene.

Jess Kaplan, 22, greets Moka, one of 13 tigers at Carolina Tiger Rescue in Pittsboro, N.C. Kaplan and two other keepers handle most of the care for the tigers and other wild cats, most of which were abandoned or were rescued from private organizations that went out of business.

Kaplan prepares buckets of deer meat, beef ribs and whole chickens to feed the animals. Surviving on donations, the non-profit Carolina Tiger Rescue’s facilities, like this outdoor freezer and prep shed, are far from glamorous.

Kaplan and another keeper, Lenore Braford, butcher a deer that will eventually feed several tigers. During deer season, hunters donate extra kills, and each tiger will get legs or a torso. « It’s a nice change from chicken, » Kaplan says. « It’s a real treat for them. »

Rajah enjoys the fruits of Kaplan’s labor as he eats his deer torso. He has been at it for hours, biting off bits of meat or licking off whole strips of the pelt with his tongue. « You ever feel a house cat’s tongue, how coarse it is, » Kaplan asks. « Imagine that, but a hundred times coarser. »

Having made her rounds, Kaplan prepares to head back to the office. After she checked in on several of the facility’s different wild cats, which include cervals, ocelots and binturongs, Rajah was Kaplan’s last stop.

Photojournalisme – Projet de fin de semestre

……

Chapel Hill, N.C., October-December 2009

Capillo-tracté

Le sourire de la journée.

Jeff Mermenstein prend en photo des gens qui tournicotent leurs cheveux ou qui courent dans la rue.

C’est tout con, mais elles sont vraiment chouettes, ces photos toutes ensembles.

Il vient de sortir un livre.

C’est là :

http://lens.blogs.nytimes.com/2009/12/03/showcase-87/

Et pour les mordus, le blog photo du New York Times, « Lens », est un émerveillement quotidien.

Pourquoi Roxanne Turpen est magique

Quelque part entre le lutin et le soleil, il y a Roxanne Turpen.

Voilà, c’est elle.

Roxanne est belle. Incroyablement vivante. Et surtout, elle a un talent fou.

Roxanne est photographe. Un peu peintre aussi, elle aime les chèvres et les gens et les enfants. Tout juste 23 ans, déjà quarante vies.

Voilà, regarde, c’est ça qu’elle fait, entre autres.

Alors toi qui n’en peut plus de la pluie de novembre et de l’odeur du métro, vas-y, cours, remplis toi les yeux des lumières et des rêves de Roxanne, ça émerveille.

C’est là : http://www.roxanneturpen.com/index.html

Dans la série de photos « Orange Road », c’est ma coloc Jen qui pose.

Roxanne promène son aura géante et rouge dans des champs de blés un après-midi à la fin du printemps. Elle garde des traces de bisous sur les joues.

Roxanne conduit comme si elle t’emmenait au bout du monde. Elle met un disque génial très fort – elle chante et puis elle raconte une histoire, elle rigole, et ça y est, on est arrivés à l’autre bout de la terre. Sa grande soeur aussi est photographe, elle fait de très belles photos de mariage – c’est à dire naturelles: http://www.tracyturpen.com/

Roxanne a de la vie plein des mains, qu’elle répand en étincelles magiques un peu partout sans trop s’en rendre compte. Un mardi matin, juste avant de prendre l’avion pour la République Dominicaine, Roxanne dansait comme un démon dans ma cuisine, et moi avec elle.

Comment je la connais? Comme tout le monde, elle a atterri dans ma vie et puis elle est repartie, en laissant des traces de poudre de fée clochette. Roxanne habitait dans la maison verte de Bim Street l’année dernière, elle vivait dans la chambre que j’occupe. C’est la meilleure amie de Jen. Parfois elle s’arrête à la maison, pour faire une pause entre Washington et Asheville.

Rien que l’année dernière, elle est allée à Hawaï, en Alaska, en Argentine, au Chili, en Bolivie et en Australie.

Le genre de personnes à qui on veut tout donner. Confiance instantanée.
C’est pour cela que ses photos sont si bonnes. Regardez ses portraits… C’est pas une histoire de technique, c’est pas chimique, c’est une histoire d’humanité. C’est peut-être ça, le secret des grands photographes. A n’en pas douter, elle en est une.


credit for all the pictures: Roxanne Turpen.

Salmon dinner party

Roxanne et Jeremie

Roxanne Turpen est magique.

Hier, elle m’a emmenée dîner chez son meilleur ami, Jeremie, à Raleigh.

L’un des coloc de Jeremie travaille comme pêcher de saumon en Alaska tous les étés, pour payer ses droits d’inscription à la fac.

L’autre coloc de Jeremie, Jessie, a traversé les Etats-Unis d’Est en Ouest l’été dernier, en vélo.

Leur congélateur est rempli de saumon enveloppé dans du papier journal.

Hot cider and salmon
On s’est gavé de saumon sauvage et écouté de la chouette musique. Ils ont fumé des cigarettes qui font rire et j’ai pris des photos. C’était bien.


Et sur le chemin on a écouté les Kinks et MGMT, très fort.

Quand Roxanne conduit on a l’impression qu’elle va vous emmener à l’autre bout de la terre.

Cette fille vient d’une autre planète.

...

Light assignment – Mark

Mark Ruhi Frank

Dernier devoir en cours de photojournalisme : Lumière.

« Faites un portrait de quelqu’un de plus de 70 ans. Interdiction de photographier quelqu’un de votre famille. La lumière doit être l’élément le plus important de votre portrait. »

Où diable trouver quelqu’un de plus de 70 ans dans une ville peuplée d’étudiants?!

J’avais pas très envie d’aller dans une maison de retraite.

Alors j’ai attendu tout un après-midi devant le magasin de fripes&antics de mon pote Syd (qui a plein de trucs à raconter, de conseils et de compliments inappropriés à donner – mais il est chouette, avec sa barbe et ses blagues incompréhensibles).

Et puis, magie, à force d’attendre, j’ai vu le sujet parfait arriver.

Mark.

Mark ne voulait pas que je le prenne en photo, au début. Mark a une voix de fée, une bosse bizarre sur la tête, de grands trous tristes dans les yeux. Il parle doucement.

Il dit qu’il vient peut-être d’une autre planète, et qu’il ne sent chez lui nulle part.

Mark a voyagé toute sa vie, en Amérique du Sud, en Inde, en Afrique… Il habite à Carrboro depuis 8 ans, mais il dit que ça fait trop longtemps, qu’il n’a jamais habité autant de temps au même endroit, qu’il lui faut partir.

Je l’ai suivi au supermarché. Et puis chez lui, un petit studio au dernier étage d’une maison en bois, avec une terrasse, très jolie.

Il m’a lu ses poèmes, et on a parlé, longtemps, de la vie, la mienne, la sienne, j’ai pris des photos, on a marché, fumé des cigarettes. C’était chouette.

how quickly the universe spins
and events on the earth turn
humanity in the throngs of change
creating conflicts
yet the moon shines
and the stars lite the night
ruhi

Composition

Premier devoir à rendre en cours de photojournalisme – prendre une photo avec une belle composition et des êtres humains dedans.

Il y a une piste cyclable qui longe la vieille ligne de chemin de fer, à côté de la maison, et souvent les gens s’arrêtent là pour discuter, fumer une clope, pique-niquer.

20090924_VictoireTuaillon_comp001

J’y croyais pas mais c’est vrai : quand on reste suffisamment longtemps quelque part, une heure ou deux, les gens que l’on veut photographier vous oublient.

Ca marche encore mieux en prenant un accent français horrible et en faisant mine de rien comprendre.