Archives de Catégorie: The Daily Tar Heel

Hippy Funky Rice

Youpi! Ce matin, mon article a fait la une du Daily Tar Heel. J’étais drôlement contente.

L’article traite d’un nouveau mouvement de fermiers bio, les « cropmobbers » (de l’anglais « crop »: récolte, moisson et « mob »: mobilisation), qui se répand dans le reste du pays.

Ces fermiers atypiques, pour la plupart jeunes et très diplômés, fuient la vie de bureau et leurs carrières toutes tracées pour venir s’installer à la campagne. Quand un fermier a besoin d’aide pour la moisson ou d’autres travaux, il lance un appel sur internet: tout le monde peut venir donner un coup de main mais personne n’est payé.

Et ça marche: hier, à Moncure, quatre-vingts personne sont venus aider les fermiers de Edible Earthscapes à creuser des rizières. Pour les participants, qui n’avaient dans leur majorité aucune expérience, c’est l’occasion d’apprendre, de passer la journée dehors, de rencontrer de nouvelles personnes et de se sentir plus proches de la nature.

Je me suis éclatée à écrire ça hier: j’ai rencontré de sacrées personnalités, des gens courageux, intelligents, décidés.

Décidément ce pays est plein de paradoxes. Les valeurs des cropmobbers (solidarité, apprentissage mutuel) détonnent au royaume du capitalisme, de l’individualisme et du profit personnel.

http://www.dailytarheel.com/content/‘crop-mob’-takes-over-triangle

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Les petits soldats de plomb

Samedi j’ai passé la matinée à la reconstitution historique de la guerre Révolutionnaire, en costumes et chapeaux à plumes, avec odeur de poudre, accent anglais et feux de camp. Article publié ce matin dans le Daily Tar Heel

http://www.dailytarheel.com/content/hillsborough-re-enactment-depicts-revolutionary-war

Quand les Tar Heels ont été champions des Etats-Unis l’année dernière…

Vidéo filmée depuis les toits de Chapel Hill :

Carnaval électoral à la sauce narval géant

Ces derniers temps, la grande affaire sur le campus, c’était la  « Student Body President Election Campaign » : la campagne pour l’élection du président des étudiants.

A priori, rien de franchement palpitant, ces élections étant au fond une bataille de personnalités, lesquelles semblaient s’être données le mot pour être les plus consensuelles et lisses possibles. CandyLand style.

Aucun enjeu politique n’est soulevé: personne ne remet en cause les milliers de dollars de frais d’inscription, les contenus pédagogiques, l’organisation de l’université…

Les débats portent plutôt sur des non-problèmes, du genre la sécurité des étudiants (alors que la ville est hyper-sécurisée) et les relations entre les fraternités et l’administration de UNC (palpitant). Rien à voir avec les élections syndicales comme en connaissent les universités françaises.

Depuis un mois, les pancartes multicolores ont envahi le Pit, la place centrale du campus, et dans la cafétaria, il ne se passe pas un jour sans que résonnent les cris et exhortations enthousiastes de supporters (je n’ose pas dire « militants »).

C’était parti pour être chiant à mourir. Mais Nash Keunes est arrivé, avec une campagne complètement délirante, qui visait surtout à ridiculiser l’élection et à se moquer des promesses des autres candidats.

Extraits de son programme :

– transformer le premier étage de la bibliothèque en aquarium géant pour y faire vivre un narval.

Narval géant

– rendre plus faciles les mots croisés du Daily Tar Heel (le quotidien du campus) pour que les étudiants se sentent valorisés quand ils commencent leur journée

– changer le nom de la ville, Chapel Hill, pour « Unaffiliated House of Worship and Secular Community Temple Mosque Center Hill. »

– « We are not in favor of grade inflation. Rather, we are in favor of grade hyperinflation. We want UNC to become the Zimbabwe of grade inflation. »

(NB: « grade inflation », c’est la tendance à la hausse des notes reçues par les élèves depuis quelques années, problème que connaissent toutes les universités américaines et dont beaucoup craignent qu’elle ne contribue à dévaluer les diplômes)

Le Daily Tar Heel ne savait pas quoi faire du « cas » Nash Keunes.

Quant aux autres candidats, ils étaient outrés — deux étudiants ont même créé un groupe Facebook « Ne votez pas pour Nash Keunes le 9 février! »

Malheureusement pour eux, le groupe anti-Nash a été pris d’assaut par les supporters de Nash, qui ont joyeusement posté des dizaines de commentaires sarcastiques du style: « Nash throws cats in front of school busses » ou « Nash is a terrible human being. I have personally seen him eat a baby. »

Bref, on s’est bien marrés, finalement. Merci Nash Keunes.

C’est fini, les résultats des élections ont été annoncées hier, Nash a fini 4e sur 6 dans la course à la présidentielle étudiante.

Qui a peur du grand méchant loup?

… Quand Sarah Frier, la chef de rubrique du Daily Tar Heel, m’avait demandé de trouver les endroits les plus sûrs où vivre hors du campus, j’ai refusé d’écrire l’article. Tout simplement parce que les statistiques sur lesquelles je devais me baser étaient trop imprécises: le classement n’aurait donc eu aucun sens.

Je les adore, mes petits camarades de UNC, mais leur côte parano me court un peu sur le haricot.

L’article a donc été remplacé par une colonne d’opinion (voir ci-dessus).

Remarquez le détail qui tue: l’alarmante carte google couverts de petits plots marquant les incidents répertoriés entre 2009 et 2010. L’image est publiée sans légende ni explication. Elle communique exactement le contraire de ce que j’essayais d’expliquer (en gros, qu’il n’y a pas de quoi s’inquiéter, UNC-Chapel Hill est extrêmement sûr.)

L’état d’urgence déclaré à Chapel Hill

« Le maire Kleinschmidt déclare l’état d’urgence à Chapel Hill alors que la ville se prépare à affronter de 7 à 15 cm de neige. »

Ouh la la la.

Commentaire d’un étudiant sous l’article : « 3 to 6 inches is an emergency IN BED »

(ouarf ouarf ouarf)

Apocalypse snow 2

Depuis hier, il neige sans faire de bruit. Le campus est en état de siège. Les bibliothèques sont fermées, les fêtes annulées, les bus ne circulent plus. Aucune voiture ne passe sur la route à côté de ma maison.

Hier il faisait doux, on ne portait même pas de manteaux.

J’écris toujours pour le Daily Tar Heel. J’admire les chefs de rubrique, qui trouvent toujours moyen de remplir le canard.

Ainsi, hier j’ai trouvé un mail de Tori dans ma boîte:

« Hiii giiirly!  ;) […] got a fun story for you this weekend […] we want to do a story about how ice cream places are affected by the cold weather. »

J’ai fait mes devoirs bien consciencieusement. J’ai maintenant 4 pages de citations. Patrons : « Oh yeah, c’est sûr on vend moins de glaces depuis qu’il fait froid. Mais les gens aiment toujours les glaces, alors on en vend quand même. », « On va sûrement fermer demain parce qu’il va neiger. »

Clients : « Ah oui mais non moi je mange toujours des glaces trois fois par semaine. » Client 2 : « Ca ne me dérange pas de manger des glaces en hiver si je les mange à l’intérieur, parce qu’il fait chaud. »