Archives de Catégorie: The Daily Tar Heel

Le meilleur des mondes en noir et blanc

Hier, c’était le MLK Day — l’anniversaire de Martin Luther King Jr, férié aux Etats-Unis.

J’ai donc assisté pour le Daily Tar Heel aux célébrations organisées à Chapel Hill par le NAACP (National Association for the Advancement of Colored People).

Le plus intéressant, après le petit meeting propret et la marche de circonstance, c’était la cérémonie, qui s’est déroulée à l’église.

Curieux mélange politique+religion, d’un point de vue européen. En même temps, ce n’est pas franchement nouveau: MLK était pasteur, et de toute façon il n’existe pas d’autre endroit dans une ville typique américaine pour faire un meeting que dans une église.

Pas de place de la mairie, pas d’avenues à bloquer, pas d’espace public à proprement parler.

Bon, heureusement, c’était bien moins chiant qu’une messe catholique. D’abord, les gens rient beaucoup. Ils applaudissent, se lèvent spontanément, agitent les bras, disent « Yes sir », « oooh well », « amen » pendant les discours. Il y a de la musique et des vidéos et des blagues.

Du coup les deux heures et demi sont passées assez vite.

Les « Amen » alternent avec les « Fire it up! Ready to Go! », les sermons des révérends avec les interventions politiques.

Je n’ai pas regretté d’avoir enduré trois heures de discours assez convenus, type MLK était un grand homme, tous ensemble, noirs blancs et jaunes, aimons-nous les uns les autres, paix justice et égalité. Le plus intéressant est venu à la fin, lorsque deux activistes du NAACP ont commencé à parler de comment le pays était en voie de re-segregation.

Ainsi, les quartiers noirs traditionnels de Chapel Hill disparaissent peu à peu sous la pression immobilières des riches blancs qui viennent s’installer ici. Cela joue sur la composition des écoles publiques, qui mélangent de moins en moins les noirs et les blancs.

Le mécanisme est simple: il joue sur la classe sociale, mais revient de fait à une reségrégation raciale (puisque la majorité de la population pauvre ici est noire).

Ils étaient pas très contents, au Daily Tar Heel, quand je leur ai apporté mon article, qui traite essentiellement de cette resegregation. Ils ont trouvé que c’était trop « biaised » (partisan). Ce qui me met toujours en colère… Comme si la rédaction du DTH n’était pas complètement biaisée, de nature. Il n’y a qu’à voir la salle de rédaction, en grande majorité des enfants des classes moyennes et supérieures blanches. Ca ne les empêche pas de croire qu’ils savent ce qui est objectif et ce qui ne l’est pas, ce qui est digne d’être rapporté et ce qui doit être passé sous silence. L’objectivité est souvent un prétexte bien pratique pour taire ce qui dérange.

Mais bref, l’article est là, et il était en première page du DTH ce matin, yeah! :

http://www.dailytarheel.com/content/mlk-rally-discusses-racial-equality-goals

Publicités

Best of police logs – part 1

C’est la fin du semestre. Il pleut et il fait froid, alors le matin j’ai la flemme d’aller à l’école en vélo. Plus les deadlines s’approchent et moins j’ai envie de sortir de mon lit. Bizarrement ce soir le vent souffle de l’air tiède, assez fort. On dirait un début d’apocalypse.

Heureusement, la première page du Daily Tar Heel est là pour nous régaler de ses « Police Logs ». Ce sont des brèves extraites des rapports de police reçus tous les jours par le journal. Je me jette dessus tous les matins, sûre d’y trouver au moins une anecdote grotesque ou drôle, entre les habituels vols de voiture et de sac à main.

Best of de ces trois derniers mois:

« A dog bit a raccoon who had put its head through a hole in a fence at 10:54 a.m. Thursday, according to Carrboro police reports. The dog’s owner said the pet had current rabies shot. »

(Jeudi à 10h54, un chien a mordu le raton-laveur qui avait passé la tête à travers le trou d’une barrière, selon le rapport de la police de Carrboro. Le propriétaire du chien a dit que celui-ci était à jour de ses vaccins contre la rage.)

« Two people were seen in the woods smoking something at 8.40 a.m. Tuesday at 206 Alta Court, according to Chapel Hill police reports. »

(Deux personnes ont été vues dans les bois en train de fumer quelque chose (!!!) à 8h40 du matin Mardi au 206, Alta Court, selon le rapport de la police de Chapel Hill)

« Somebody reported at 10:01 a.m. Monday that a neighbor at 1100 Arborgate Circle was playing Guitar Hero too loudly, according to Chapel Hill police reports. »

(A 10h01 lundi matin, quelqu’un a appelé la police de Chapel Hill pour signaler qu’un voisin, résidant au 1100 Arborgate Circle, jouait au jeu vidéo Guitar Hero trop fort.)

« Someone stole two pumpkins from a home between noon and 6:20 p.m. Monday at 402 Somerville Road, according to Chapel Hill police reports. The pumpkins were valued at $10, reports state. »

(Quelqu’un a volé deux citrouilles entre midi et 18h20 lundi au 402 Somerville Road, selon le rapport de la police de Chapel Hill. Les citrouilles avaient une valeur de 10 dollars.)

En passant : il est commun de publier les adresses des gens dans les faits divers (pas que dans le Daily Tar Heel, dans les journaux locaux américains en général).

Il est aussi apparemment normal d’appeler la police pour un peu n’importe quoi -un vol de citrouille, un raton-laveur, des gens qui fument « quelque chose » dans les bois…

Babel – And life goes on

sinon, article publié cette semaine dans le DTH, où l’on apprend que les artistes du Orange County résistent bien à la crise économique, merci pour eux.

http://www.dailytarheel.com/content/artists-orange-county-artists-guild-showcase-pieces-annual-open-studio-tour

Entartez votre rédac’ chef !

Et SCHBAM ! Une tarte à la crème dans la face d’Andrew Dunn.

Non, mais on l’aime bien, hein.

C’est juste le nouveau moyen que l’équipe du Daily Tar Heel a trouvé pour réduire le nombre de coquilles dans le journal.

Si on repère une faute dans un article AVANT la publication, on peut envoyer un mail à Erika, la manager du DTH, en expliquant quelle était l’erreur et comment on l’a trouvée.

A la fin de la semaine, l’un des noms de ceux qui ont repéré une faute est tiré au sort.

L’heureux élu a le choix entre un chèque cadeau de 10 dollars ou la possibilité d’entartrer le rédac’ chef.

Sarah, la gagnante de cette semaine, a choisi la deuxième option.

« No Shave November » – L’invasion des yétis

Ce matin dans le Daily Tar Heel, le portrait de l’un des participants du « No Shave November » (« on ne se rase pas en novembre »).

Pendant tout le mois de novembre, Mike Amato, étudiant en deuxième année, a promis de ne pas se raser la barbe .

Cela fait deux ans qu’il participe à l’évènement, ainsi qu’au « Febru-hairy » et « Mustache March » (Février chevelu et la Moustache de Mars (?))

« Participer à un tel évènement demande beaucoup de courage, une bonne technique, et certainement beaucoup de testostérone ! », a témoigné Mike Amato.

Le Daily Tar Heel publiera une chronique hebdomadaire sur les progrès de la barbe de Mike.

J’ai hâte.

L’article est là : No Shave November Begins

« I’m sorry, could you repeat that again? » (x3 maximum, après, il faut lâcher l’affaire)

Aujourd’hui, je devais écrire sur les politiques de recyclage du Orange County. Enfin, plus exactement, sur la loi entrée en vigueur mercredi, qui interdit de jeter ses bouteilles en plastique autre part que la poubelle à recycler.

Exciting, isn’t it?

Les interviews des membres de la mairie ont été laborieuses. Remarque c’est pratique, je n »ai pas à beaucoup élaguer dans mes notes, vu le peu de choses que je comprends.

C’est là :  Bottle ban

The Monti

Ça y est, aujourd’hui, j’ai publié mon premier article en anglais!

Vous trouverez la page en pièce jointe, et pour la version online, c’est ici.

Vendredi soir, le Daily Tar Heel m’a donné mon premier sujet : écrire sur le spectacle donné samedi soir par The Monti au Carrboro ArtsCenter. Principe de l’association The Monti : inviter des écrivains, journalistes ou musiciens de Caroline du Nord à monter sur scène pour raconter, sans notes, une histoire vraie, qui leur est arrivé personnellement, autour d’un thème défini, et dans un temps limité.

Ça s’appelle du storytelling, et c’est étonnamment populaire aux États-Unis.

Lire la suite