Spring break time

En vacances!

Les pancakes reviennent lundi

des bisous au sirop d’érable

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« Tar heel born, Tar heel bred, Tar heel dead »

Ca y est, je suis ENFIN allée voir un match de basketball. Il était temps, c’était le dernier de la saison.

J’ai vraiment essayé de me mettre dans l’ambiance, mais y’a rien à faire, je ne peux pas m’empêcher de penser qu’après tout, il ne s’agit que de grands gars qui courent après un ballon orange (mais je l’ai dit à personne parce que le basket, ici, c’est sacré)

Par contre j’aime bien les pom-pom girls et leurs saltos arrières, la fanfare de cent personnes, et tout cet improbable folklore autour des matchs.

Tout le monde est habillé en bleu, voire carrément peint en bleu, et tout le monde chante l’hymne de l’école en sautant partout.

Vous pouvez les écouter ici : http://tarheelblue.cstv.com/trads/unc-trads-songs.html

Hippy Funky Rice

Youpi! Ce matin, mon article a fait la une du Daily Tar Heel. J’étais drôlement contente.

L’article traite d’un nouveau mouvement de fermiers bio, les « cropmobbers » (de l’anglais « crop »: récolte, moisson et « mob »: mobilisation), qui se répand dans le reste du pays.

Ces fermiers atypiques, pour la plupart jeunes et très diplômés, fuient la vie de bureau et leurs carrières toutes tracées pour venir s’installer à la campagne. Quand un fermier a besoin d’aide pour la moisson ou d’autres travaux, il lance un appel sur internet: tout le monde peut venir donner un coup de main mais personne n’est payé.

Et ça marche: hier, à Moncure, quatre-vingts personne sont venus aider les fermiers de Edible Earthscapes à creuser des rizières. Pour les participants, qui n’avaient dans leur majorité aucune expérience, c’est l’occasion d’apprendre, de passer la journée dehors, de rencontrer de nouvelles personnes et de se sentir plus proches de la nature.

Je me suis éclatée à écrire ça hier: j’ai rencontré de sacrées personnalités, des gens courageux, intelligents, décidés.

Décidément ce pays est plein de paradoxes. Les valeurs des cropmobbers (solidarité, apprentissage mutuel) détonnent au royaume du capitalisme, de l’individualisme et du profit personnel.

http://www.dailytarheel.com/content/‘crop-mob’-takes-over-triangle

Aveda drama

Hier j’étais chez Aveda, l’école de esthetology and cosmetology de Chapel Hill — l’endroit où tout le campus se fait arracher les poils, pour être directe.

Tout était parfaitement normal en ce vendredi après-midi, la salle résonnait des cris de douleurs des clientes en voie de dépoilisation quand tout à coup: scandale.

On entend une dame, apparemment très mécontente, exiger qu’on appelle le directeur de l’école, hurler que l’école est dirigée par une bande d’incompétents, que sa vie est ruinée, qu’elle va devoir rester cloîtrée chez elle pendant des mois, etc, etc…

Il est apparu que la personne censée lui épiler les sourcils venait de lui arracher la moitié du sourcil droit.

Et là, ça devient marrant, un de ces moments où je me dis « youpi, je vis une expérience typiiiique »:

Le responsable arrive, et lui demande immédiatement de « baisser le ton de sa voix »

(note culturelle: on ne s’énerve jamais, c’est vraiment mal élevé et les américains ont horreur de ça ( self-control: celui qui ne sait pas maîtriser ses émotions négatives est un loser))

– et surtout : la dame menace de leur faire un procès.

Silence horrifié du responsable. Pour cause: avec un bon avocat, ce genre de procès peut effectivement aboutir et coûter au condamné des millions de dollars de dommages et intérêts.

Finalement, la dame a baissé le ton de sa voix et le responsable a proposé de « trouver une solution et un accord sur les dédommagements ». Je n’ai pas pu rester assez longtemps pour savoir ce qu’elle comptait finalement faire, mais je demanderai la prochaine fois.

Bon dimanche!

Où on fait des photos

… aucun rapport avec les Etats-Unis, ni avec le campus, ni avec le journal. C’est juste qu’hier j’ai pris des photos genre studio de mon copain Denver pour le devoir à rendre en cours de photo-journalisme. C’était marrant, j’avais monté les lumières et tout le bazar dans le salon, il a fait son crâneur en écoutant du David Bowie, on a bu de la bière et je lui ai fait des bisous au rouge à lèvres sur les joues (pour qu’il crâne encore plus, mais finalement j’ai tout mis en noir et blanc parce qu’on aurait dit qu’il avait été battu par des groupies en furie)

Sinon envoyez moi d’urgence des carottes et des poireaux, des pommes ou n’importe quoi qui ne contienne ni sucre, ni graisse, ni beurre de cacahuète, ça fait trois semaines que j’en ai pas mangé et que je me nourris alternativement de pizza hawaïenne, de burrito ou de BigMac.

Je m’intègre, quoi.

c’était monnombril.com, une information supportée par WordPress

Les gens dans mon bus

Sur le campus, tout le monde a une super voiture. En général les jeunes en reçoivent une en cadeau quand ils ont leur bac ou quand ils rentrent à l’université. Sur les parkings, elles s’étendent à perte de vue, les BMW, les Audi, Ford et même quelques Porsche.

On dirait des suppositoires géants. Bien lisses, automatiques, pas une rayure, le tout payé à crédit.

Comme tout le monde a une super voiture, si t’en as une moche (genre mon copain Christian qui roule en Ford Festiva 1991 rouge tomate), ça veut dire que t’es vraiment un looser.

Mais bon, tu peux avoir pire: être obligé de prendre le bus. Là ça te classe direct dans l’underclass, catégorie méga-méga-looser. D’ailleurs tu as peu de chances d’être blanc, tu es soit mexicain soit noir américain. Tu ne gagnes pas grand chose en bossant à UNC, au self-service ou au service de ménage. Les étudiantes ont peur de toi quand elles marchent seules dans la rue vers 20h : « Alors oui alors là j’ai vu un Mexicain derrière moi et il me suivait tu vois il avait une béquille mais il allait m’attaquer donc je suis restée à côté de la voiture de la police… »

Et comme tu n’as jamais pu te payer une visite chez le médecin parce que ça coûte un oeil, avec un peu de bol tu as en plus choppé un handicap ou une maladie grave (typiquement, un truc bénin qui a dégénéré parce qu’il n’a pas été soigné)

Mais ce qui est bien, c’est que quand tu as un peu de thunes à UNC,  tu ne prends jamais jamais  le bus, alors tu ne verras jamais tout ça.

Les baleines et les nerds

Je suis à la bibliothèque. Il est une heure du matin.

Vers minuit, la population de la bibliothèque change. De jeunes garçons à la peau pâle et aux grosses lunettes, les yeux rougis et les mains déformées par toutes les heures qu’ils ont passées devant leur ordinateur, sortent de leur caverne et viennent mangent des yogurts à la fraise sur les tables géantes. En bon anglais, on appelle ce genre de garçons et de filles des nerds (prononcer neurds), ce que Wikipédia définit comme « une personne solitaire et intelligente, à la fois socialement handicapée et passionnée par des sujets liés à la science et aux techniques »

J’ai découvert avec hilarité qu’on peut indifféremment utiliser le mot « nerd » ou « dork ».

Dork.

Dork, ça veut en fait dire « pénis de baleine. »

D’abord la langue américaine est décidemment fabuleuse. Rien que le fait qu’un tel mot existe exprès m’émerveille. En googlant tout ça, j’ai découvert qu’il existait même une « Whale’s Penis Church »

Je vois pas trop le rapport entre les gens autour de moi et le pénis de la baleine, mais je ne résiste pas au plaisir de poster la photo, histoire de donner une nouvelle preuve de mon élégance naturelle

EDIT (au café, il est 8h du matin): En fait je suis déçue, a « dork », ça veut dire pénis tout court en argot. Mais bon ça casse tout mon post alors comme c’est quand même un peu drôle je le laisse. Love et confiture