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Saturday whirl

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Quatre jours de pluie en continu, aujourd’hui c’était fini.

Soleil dans les arbres rouges et verts et jaunes, course-poursuite des écureuils, bruit des feuilles mortes qui craquent sous les pieds.

Ca suffit pour être joyeux toute la journée.

Ce matin, j’avais rendez-vous au marché de Carrboro avec mon copain Mark – celui qui vit dans les bois avec Beans, son chien magique.

Mark m’a présentée à Wilma, qui un jour d’automne 1993 a décidé de démissionner du laboratoire nucléaire où elle travaillait pour démarrer une ferme de fromages de chèvre. Et faire pousser des cactus.

Wilma et Mark

Mark et Wilma samedi matin au Carrboro Farmers Market.

On a été petit-déjeuner à la station-service du coin – $2,99 (moins de deux euros)  les oeufs brouillés+café+ une galette de pommes de terre + un steak+ un brisket (sorte de petit pain gras et croustillant, typique du Sud des Etats-Unis)

Après, j’ai dû filer pour aller écrire l’article du Daily Tar Heel : ce week-end, les artistes de Carrboro ouvrent leurs studios au public.

Rencontré une restauratrice de livres anciens, Susan Soleil – des belles mains patientes, un grand sourire calme, et beaucoup d’énergie. 60 ans, apaisée. Elle m’a dit qu’elle regrettait de ne pas avoir de petits-enfants, c’est peut-être pour ça qu’elle m’a appelée « Sweetie » et « lovely doll » pendant tout l’entretien. Elle m’a fait des bisous et elle m’a offert une carte ancienne de Paris, et je vais retourner la voir bientôt. C’est le genre de personnes dont la présence physique calme.

Puis j’ai rencontré un sculpteur fabuleux, Mike Roig, et sa femme, Clay Carmicael, auteur pour enfants et illustratrice.

Leur jardin est rempli des sculptures mobiles de Mike.

Roig-West-Wind-Sentinel-med

En revenant, j’ai vu des gens assis en cercle dans l’herbe, à côté d’un bus géant, peint en vert. Ils viennent du Montana (= de l’autre bout du pays, au Nord-Ouest) et font partie de l’association pour la promotion de la Permaculture (???). Ils se baladent dans tout le pays avec leur bus, leurs plantes, leurs graines, et  leurs deux chiens.

Ha, et quatre poules en enclos.

Ils donnent des cours sur les plantes médicinales.

Un peu plus loin, une demi-douzaine de membres des Happy Hoopers (amateurs de houla-hoop) s’entraînaient en écoutant Shakira.

Ce soir, je fais la fête avec les gens de ma rubrique du Daily Tar Heel, et après c’est « Ugly Sweater Dance Party » chez Dylan (= venir avec le pull tricoté le plus immonde possible)

Happy? Yeah !

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Light assignment – Mark

Mark Ruhi Frank

Dernier devoir en cours de photojournalisme : Lumière.

« Faites un portrait de quelqu’un de plus de 70 ans. Interdiction de photographier quelqu’un de votre famille. La lumière doit être l’élément le plus important de votre portrait. »

Où diable trouver quelqu’un de plus de 70 ans dans une ville peuplée d’étudiants?!

J’avais pas très envie d’aller dans une maison de retraite.

Alors j’ai attendu tout un après-midi devant le magasin de fripes&antics de mon pote Syd (qui a plein de trucs à raconter, de conseils et de compliments inappropriés à donner – mais il est chouette, avec sa barbe et ses blagues incompréhensibles).

Et puis, magie, à force d’attendre, j’ai vu le sujet parfait arriver.

Mark.

Mark ne voulait pas que je le prenne en photo, au début. Mark a une voix de fée, une bosse bizarre sur la tête, de grands trous tristes dans les yeux. Il parle doucement.

Il dit qu’il vient peut-être d’une autre planète, et qu’il ne sent chez lui nulle part.

Mark a voyagé toute sa vie, en Amérique du Sud, en Inde, en Afrique… Il habite à Carrboro depuis 8 ans, mais il dit que ça fait trop longtemps, qu’il n’a jamais habité autant de temps au même endroit, qu’il lui faut partir.

Je l’ai suivi au supermarché. Et puis chez lui, un petit studio au dernier étage d’une maison en bois, avec une terrasse, très jolie.

Il m’a lu ses poèmes, et on a parlé, longtemps, de la vie, la mienne, la sienne, j’ai pris des photos, on a marché, fumé des cigarettes. C’était chouette.

how quickly the universe spins
and events on the earth turn
humanity in the throngs of change
creating conflicts
yet the moon shines
and the stars lite the night
ruhi

Barbapapa powaa

J’adoooore mes colocs. Elles sont toutes américaines.

colocs

Il y a Corban, 22 ans, qui vient de passer 6 mois à Bologne, long cheveux blonds, sourire à dévorer la terre entière, qui étudie la littérature comparée américaine/italienne. Elle rit tout le temps.

Il y a Adrian, 30 ans, qui fait du design et m’a donné plein de fringues, un vélo, une lampe et plein de trucs trop bien.

Jen, 23 ans, qui vient de terminer ses études en art dramatique. Elle travaille dans un restaurant, pour économiser avant de déménager à New York où elle veut être actrice.

Rachel, toute secrète et silencieuse, vient des montagnes de la Caroline du Nord et connaît plein de choses sur des sujets inattendus. Elle file de la laine dans sa chambre, qu’elle vend sur internet, tout en étudiant les mathématiques. Et elle aime bien faire des gâteaux.

Alex a passé 4 ans au Mount Holyoke (un liberal arts college pour les filles) et étudie pour être archiviste. Elle m’a fait découvrir ce magazine féministe génial, Bitch. Tous les matins elle me réveille et on se prend un café.