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The Golden Gate

Vikram Seth - The Golden GateVikram Seth – The Golden Gate – roman en vers.

Découvert grâce au cours de littérature sur le changement social . Un roman en vers?

Au début, j’ai dit beurk beurk, ça va être chiant comme la mort. En vrai : c’est génial.

D’abord parce que l’histoire est chouette, typiquement californienne, avec des bébés, des mariages, des yuppies, des cafés à point d’heure. C’est pas pompeux, lyrique ou chiant du tout.

Et puis surtout parce que l’auteur, Vikram Seth, est fou.

Il a repris le même principe que Pushkin en 1833 avec son roman Eugène Onegin: The Golden Gate est composé de 690 strophes en vers iambiques tétramétriques – ababccddeffegg –

Hein?

Comme ça, regardez :

« 1. The word’s discussed while friends are eating.  p.3

2. A cache of billets-doux arrive. p.24

3. A concert generates a meeting. p. 53

4. A house is warmed. Sheep come alive. p. 72

5. Olives are plucked in prime condition. p.100

6. A cat reacts to competition. p.123

7. Arrests occur. A speech is made. p.148

8. Coffee is drunk, and Scrabble played. p.173

9. A quarrel is initiated. p.192

10. Vines rest in early winter light. p.123

11. The Winking Owl fills up by night. p.234

12. An old affair is renovated. p.262

13. Friends meditate on friends who’ve gone.

The months go by; the world goes on. p.281  »

 

– c’est la table des matières.

Oui, il a même écrit la table des matières en vers iambiques tétramétriques!

Et les remerciements, et les dédicaces, aussi.

Et la table des matières non seulement respecte la structure des verbes iambiques tétramétriques, mais raconte toute l’histoire du roman. C’est fou, non?

Publié en 1986 aux Etats-Unis, publié cette année en France.

Je serai curieuse de voir comment ça a été traduit en français.

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Des i-phones farcis au M&M’s

Parce qu’on s’est gourés de métro, on s’est retrouvés à Times Square alors qu’on cherchait à l’éviter.

Times Square, c’est juste fou. Ça n’a aucun sens. Ça file la nausée. C’est fascinant.

Vous ne verrez jamais autant d’écrans et de lumières de votre vie. Les écrans géants ont avalé les immeubles, et recrachent en continu des pubs et les cours de la bourse, des centaines de M&Ms dans des tubes en plastique et des images d’I-phone, de chaussures, de campagnes contre la faim dans le monde, et les derniers résultats du football.

Simultanéité épuisante d’informations absurdes.

Et on continue à marcher, hypnotisés, au milieu des autres papillons, ivres de lumière, yeux explosés, cerveau gavé.

Avant ça, il y a eu : Soho, un menu « spéciale crise » à 4 dollars les deux hot-dogs et le jus de papaye, dans East Village, un concert de jazz au bar 55, un homme qui marche avec un chat assis sur sa tête, et un autre qui nous a demandé un dollar pour s’acheter du lait, en agitant une boîte qui semblait être de la nourriture pour gorille (?).